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  • Contact

     

    Le contact vous manque terriblement.

     

    Le contact physique, intime, de votre peau contre une autre, d'un corps pressé contre le vôtre, d'une étreinte salvatrice née d'une confiance aussi réciproque qu'absolue. Et vous ne parlez pas du sexe, pas seulement. L'intimité du contact va bien plus loin que ça.

     

    La main dans la main lors d'une promenade, non pas un signe d'appartenance à l'autre, mais un signe d'un lien fort, vos doigts échangeant mille mots connus uniquement de vous deux tandis qu'ils pressent, s'agitent, caressent. Un langage unique, celui du corps, si profond entre deux êtres qui se comprennent.

     

    Les jambes emmêlées sous les couvertures, sur le canapé devant la télévision : un film, une série, un jeu, mais surtout ces deux présences accolée l'une à l'autre, une tête sur une épaule, ou reposant simplement sur le corps de l'autre de la manière qui semble toujours la plus naturelle.

     

    Une main caressant tendrement vos cheveux, massant doucement votre crâne, réussissant à faire ce que vous n'arrivez jamais : vous détendre. Vos mains dans son dos, points de pression dédiés à la relaxation de l'autre. Corps à corps pour mieux guérir, corps à corps pour apaiser.

     

    L'apaisement, enfin, dans les bras l'un de l'autre. Un câlin, tout simplement, deux individus qui se blottissent non pas pour en former un seul, uniforme, mais pour relier deux parties d'un tout qui va bien au-delà du corps. Comme si son âme étreignait aussi la vôtre, pile là où vous vous sentiez si incomplet. Et pourtant il ne s'agit pas de sauver l'autre, non. Juste d'être là, de s'accompagner mutuellement, de s'épauler, physiquement aussi bien que sentimentalement. A deux, si on se comprend, on tombe moins souvent.

     

    Quant au sexe en lui-même, vous avez toujours eu avec ce dernier une relation que vous n'arrivez pas vraiment à définir. Voilà des années que la question n'a pas eu lieu de se poser, et cela vous manque, certes. Mais ce n'est pas un manque. Il ne s'agit pas de respirer ou de se nourrir ; on peut s'en languir, mais on peut surtout vivre sens. Et s'éloigner de cette théorie idiote de la misère sexuelle qu'un contingent d'hommes frustrés et masculinistes cherchent à implanter dans le crâne des hommes tristes. Comme si le sexe était un dû injustement réprimé. L'idée qu'il soit forcé ou né de la pitié vous effare. Pour vous, ce n'est pas que le physique, ce n'est pas qu'une envie ; c'est quelque chose de profondément intime, qui ne peut s'épanouir que dans une confiance totale et mutuelle, un symbole tactile d'une intimité aussi bien de corps que d'esprit. Pour vous, c'est une composante importante de cette intimité, de ce besoin de contact que vous avez lorsque vous partagez les sentiments de quelqu'un. Vous avez aussi que pour d'autre, cela n'est pas le cas, ce qui est tout aussi valide. Quand au sexe d'un soir, si vous ne vous y opposez pas en théorie -après tout, il y a des ces intimités étincelantes naissant parfois entre deux personnes sans pour autant éveiller l'anour- vous n'avez aucune idée de comment vous y réagiriez en pratique si l'occasion devait un jour se présenter. Il y a encore bien des choses que vous ignorez sur votre propre intimité.

     

    Toujours est-il qu'une fois de plus, cela va de toute façon plus loin que le sexe. Mais vous n'aviez jamais vraiment réussi à en parler avec qui que ce soit, alors peut-être que l'écrire ici vous aura permis de communiquer enfin sur ce sujet souvent si complexe. Mais oui, cela va plus loin. Ce qui vous manque le plus, c'est l'intimité même qui vient avec le contact physique -qu'il s'agisse d'une simple étreinte ou d'une main dans les cheveux- de l'être aimé. Ce contact que vous n'arrivez pas à maintenir avec vos ami.es, votre famille, parce que quelque chose s'est brisé en vous concernant cette intimité-là lorsque votre première, terrible vraie histoire s'est terminée comme elle l'a fait.

     

    Depuis toutes ces années, vous recherchez ce contact sans réussir à vous en rapprocher. Vous vous sentez dépérir plus le temps passe, en manque d'une étreinte et du soulagement de pouvoir enfin réaccorder votre confiance d'une manière aussi intime. De retrouver cette intimité partagée dans les petits gestes du quotidien comme dans les grandes déclarations. Ce qui compte, au fond, c'est de retrouver comment faire -et accepter- un câlin, parce que vous en avez drôlement besoin.

     

    D'une main dans les cheveux.