20.03.2008
"Un ami qui me comprenne, et des livres par centaines..."
La vie n’est pas seulement comme mettre un chat dans une baignoire, elle est aussi –mais ça vous ne l’apprendrez à personne- compliquée. A vrai dire, s’il s’avère que vous l’apprenez à quelqu’un qui ensuite vous dira « Non non, moi je trouve pas. Rien de plus simple, tout baigne. Pas d’problèmes, ah ah. », vous aurez là tout de suite l’envie de lui proposer d’échanger la sienne avec la vôtre. Comme ça, pendant que le faquin devra composer avec celle que vous lui laissez, vous pourrez mesquinement ficher le bordel dans la sienne. La vie est compliquée, point. Ce qui n’empêche pas de bien la vivre, attention ! Même si, parfois –et même souvent- vous avez un peu de peine…
C’est comme l’art de la conversation : vous ne savez pas comment vous y prendre. Tiens, pas plus tard que tout à l’heure tandis que vous promeniez votre chienne, un vieux promeneur inconnu mais sympathique que vous avez croisé a engagé la conversation sur « le temps qu’il fait » (c’est une obsession, ma parole, le temps qu’il fait, chez les gens !). Or, vous êtes tout bonnement incapable de tenir une telle conversation. Vous vous êtes donc retrouvé à bafouiller comme un gamin appelé devant la classe. Le vieux promeneur inconnu mais sympathique (à la sémillante moustache, pour ceux qui aiment les détails) a dû vous trouver bien bizarre.
Bref, votre vie, vous aimez bien la vivre, mais vous n’avez pas pour autant l’impression de la vivre pleinement. Toujours cette satanée sensation d’incomplet, comme s’il manquait des pages à votre livre ; qu’on avait laissé les chapitres d’exposition en oubliant les paragraphes qui vous donneraient les clefs de lecture. C’est fou ce qu’on peut faire avec un livre, des métaphores aux coups de dictionnaire sur la tête des importuns. Bien sûr, le mieux c’est encore de les lire. Mais qui lira celui que vous êtes, hein ?
Au travers de discussions forts intéressantes, vous en arrivez à la conclusion que vous êtes finalement assez seul. Oh, vous avez une famille et des amis qui vous aiment –et que vous aimez aussi- mais vous n’avez pas l’impression de vous sentir compris pour autant. Vous avez l’impression de ne dévoiler certaines parties de vous-même qu’en présence de tel ou tel personne –même proche- de votre entourage, tandis que vous en dissimulez d’autres. Du coup, vous pensez n’être jamais vous-même et pour finir vous ne savez même pas qui vous êtes vraiment. Vous ne vous sentez pas complet, même auprès de ces personnes qui vous aiment, parce que vous avez sans cesse l’impression d’être tiraillé et de vous adapter à votre interlocuteur. Parfois, vous rêvez d’avoir une personne dans votre vie auprès de qui vous pourriez simplement vous trouvez sans avoir besoin d’exacerber l’un ou l’autre trait de votre caractère tout en en taisant d’autre. Quelqu’un qui pourrait vous prendre dans ses bras en silence, sans vous harceler avec des « maisquestcquivapas ? » dont sont coutumiers les membres de votre famille à qui vous arrivez à vous confier et vos rares amis à qui vous vous laissez aller à livrer certains aspects de vous-mêmes. Pour vous, un ami ce n’est pas seulement quelqu’un qui vous parle et vous abreuve de conseils et de vérités, mais aussi quelqu’un qui sait se taire, et simplement rester avec vous sans toujours chercher à savoir. Un tel silence –qui n’en serait finalement pas un- vous apparaîtrait alors comme une des plus belles preuves d’amitié. Mais comme vos amies et amis –que vous aimez beaucoup, hein- ne sont pas du genre à ça et qu’ils ont plutôt tendance à vous assénez dès « je le savais/je t’expliquerai/je te l’avais bien dit/je ne te comprends pas, moi je… », vous n’avez encore pas trouvé une telle chose. Les gens se contentent de laisser un marque-page ici et là aux passages qu’ils comprennent, mais aucun n’a le courage de lire le livre entier, voilà tout.
C’est là qu’intervient le titre de votre note. Cette phrase est en fait tirée d’une chansonnette du film de Disney « La Belle et la Bête » (oui, vous aimez bien les Disney ! Un problème ?) qui en plus d’être votre dessin animé préféré (pas seulement chez Disney, mais en général) a eu le génie de mettre en scène le personnage de Belle, qui vous paraît bien moins gourde que grand nombre d’héroïnes. Et l’un des passages chanté par la belle (ah ah) dit ceci :
« Je veux m'envoler dans le bleu de l'espace,
Je veux tout ce que je n'ai pas :
Un ami qui me comprenne
Et des livres par centaines,
Sans m'occuper des gens qui jacassent. »
C’est fou comme il suffit parfois d’un simple dessin animé ou d’une chanson pour entendre les phrases qui nous parlent. Comme quoi, pas besoin de les chercher dans des bouquins de philosophie rédigés par des types qui écrivent comme s’ils présentaient un théorème. En tout cas, ces quelques mots vous définissent très bien... S’envoler ailleurs, vouloir ce que vous n’avez pas, arriver à ne plus vous soucier de ce que tout le monde pense et, surtout, « un ami qui me comprenne, et des livres par centaines. » Même gosse, ce passage là vous scotchait devant la télé tellement c’était –c’est encore d’ailleurs- ce que vous n’étiez pas arrivé à exprimer vous-même tout en s'accordant à votre amour de la lecture. Au moins, vous avez sans doute des centaines de livres (en tout cas une). Cela dit vous n’avez pas le temps de tous les lire, et celui que vous êtes reste toujours fermé, incomplet, comme un vieux bouquin rongé aux mites posé sur une étagère. D’ici à ce que quelqu’un le prenne au lieu du livre flambant neuf avec sa belle couverture mis en évidence devant les rebuts, vous avez sûrement le temps de voir venir et d’angoisser en vous posant plein de questions.
Si vous affectionnez les Disney, il est vrai que ce n’est pas quelque chose de réel : la vie est compliquée. Mais ça, vous ne l’apprendrez à personne…
11:32 Publié dans Vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.03.2008
Usé par l'avenir
La vie, c’est un peu comme jeter un chat dans une baignoire : aléatoire. Vous en êtes arrivés à cette conclusion il y a quelques temps déjà, et vous ne pouvez qu’y adhérer. Pour en arriver là, il vous a d’abord été nécessaire de dépasser l’image préconçue qui dit que tous les chats n’aiment pas l’eau. Ce qui est faux. Il existe des cas avérés de chats qui se plongent avec délice dans l’élément liquide, tels leurs grands cousins les tigres qui s’ébattent voluptueusement dans les rivières indiennes. Au final, on ne peut pas savoir si un chat aime l’eau avant de l’y plonger. Bon, évidemment, il y a l’art et la manière : il est fort peu probable que la bestiole goûte avec plaisir au bain si vous l’y lancer tel un ballon de fourrure, cela va de soi. Mais au-delà de ça, on ne peut pas savoir avant d’avoir vu le chat dans l’eau. Pour la vie, c’est pareil : on ne sait pas avant d’y être.
A noter que les chats n’en sont pas à leur première utilisation dans l’illustration d’une théorie quelconque. Vous pouvez citer pour exemple le célèbre paradoxe du chat de Schrödinger, qui veut qu’un chat enfermé dans une boîte soit à la fois mort et vivant (et surtout très en colère, rajoute l’écrivain anglais Terry Pratchett). Vous pouvez aussi mentionner la légende urbaine qui attache la tartine sur le dos du chat ; la tartine ne retombant que sur le côté beurré et le chat sur ses pattes, les balancer dans le vide attachés l’un à l’autre devrait alors les faire flotter dans le vide, partagés par deux gravités. Vous adorez la logique populaire.
Bref, tout cela pour dire que la vie, c’est un peu comme jeter un chat dans une baignoire. Vous n’imaginiez même pas revenir poster ici un jour, c’est dire. Déjà parce que vous avez mille autre choses à faire (que vous ne les fassiez pas n’a aucun rapport, que les mauvaises langues le sachent !) et aussi parce que vous ne savez pas trop quoi raconter. Seulement, vous en êtes arrivés à la question suivante : est-il vraiment nécessaire d’avoir quelque chose à raconter ? Franchement, hein ? Après tout, vous êtes chez vous sur ce blog… Vous n’allez pas vous mettre à écrire avec des lettres de couleur non plus (quoique vous n’êtes plus à un satanisme prêt…mais bon, il y a des limites !), ni mettre des chiffres à la place de lettres. Vous avez juste envie de…taper quelques mots, comme ça, sans raison. De manière aléatoire.
Peut-être parce que vous vous sentez fatigués ces derniers temps. Ecrire un coup vous fera peut-être du bien. Dernièrement, vous réalisez certaines choses que vous ne vouliez pas voir, apprenez des nouvelles que vous auriez préféré ne jamais entendre et vous posez des questions qui ont une fâcheuse tendance à rembrunir votre humeur. Ah, et vous avez appris que vous étiez souffrant d’un fonctionnement psychotique. En gros, vous avez les capacités sociales, la confiance en vous et la facilité à vous insérer dans la vie dite normale d’un tabouret. Pourquoi pas cela dit ? C’est tranquille, un tabouret. Il ne se pose pas de questions métaphysiques, n’est pas assailli par des angoisses diverses et variées avant de dormir (il ne dort même pas, c’est dire !) et il n’a pas de vie sentimentale à gérer. La facilité sociale d’un tabouret et l’ambition d’une pantoufle… Voilà qui vous définit plutôt bien.
L’ambition ! Ah, un grand mot qui vous en fait voir de toutes les couleurs ! Alors que vous n’en avez aucune, c’est dire ! Malheureusement, la majeure partie de votre entourage semble en avoir pour vous. Et ne peut pas concevoir que vous pourriez vous contenter d’une vie simple et tranquille. Plus d’intelligence que vous n’avez de force pour la supporter, c’est ainsi que vous vous voyez… Vous êtes fatigués, écrasés par cette ambition qu’on vous agite sous le nez comme un hochet devant un joufflu bébé récalcitrant.
Il y a une chanson de Damien Saez qui vous fait comme une claque à chaque fois que vous l’entendez ces temps-ci, tellement chacune de ses paroles ou plus vous parle. On peut notamment y entendre « usé par l’avenir ». Ca aussi, c’est tout à fait vous. Et c’est sans doute le cas de la majorité des gens, finalement. Usé par les études qu’on doit réussir. Par le travail qu’on doit trouver. Par la « bonne situation » que la société exige de nous. Par le bulletin de salaire de la fin du mois. Par ce film qui sort la semaine prochaine. Par cette chose à faire demain. Par demain. Vous avez parfois l’impression de vous battre pour demain, et que lorsque le demain est là, vous n’en profitez pas étant donné qu’il faut déjà lutter pour le lendemain.
Vous chérissez d’autant plus les instants présents dont on peut profiter sans restriction. Vos pas qui crissent dans la neige (quand il y en a). L’odeur de la pluie. Observer les oiseaux. Juste essayer d’être le soi que vous vous voulez réellement être, et non celui que vous vouliez être ou que le monde autour de vous veut que vous soyez.
Et malgré tout ce qui vous fait sourire, là, maintenant, vous avez subitement l’impression d’étouffer. La boule dans votre gorge, et cette tristesse dont vous ne trouvez pas l’origine. Cette peur de l’avenir qui arrive trop vite, comme une locomotive en contre-sens sur le pauvre cabri gambadant de votre innocence. Vous avez envie de fermer les yeux un instant, pour les rouvrir demain. Vous avez aussi envie de manger une tranche de gruyère, mais cela n’a plus grand-chose à voir avec la choucroute.
Vous voulez vivre, tout simplement. Et pour cela, il y a encore une question à laquelle vous devez répondre, et dont la dite réponse vous terrifie.
Qui êtes-vous, nom d’une chouette ?
Et pour illustrer tout ça, hop, la chanson de Saez vite trouvée par youtube(dont vous avez foiré la mise en page sur le blog, vous savez, merci) qui vous remue tant les tripes (la chanson, pas Saez; ce serait pas propre!):
21:39 Publié dans Vie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
05.12.2007
The Faculty: une note...
Bon, mea culpa, mais le fait est que vous ne savez pas trop quoi raconter; votre vie n'est guère passionnante et vous n'avez pas le don de transformer chaque croustillante anecdote de la vie quotidienne en un festival scriptural avec erffets pyrotechniques. Mais bon, écrire un peu en plus, c'est toujours agréable pour vous, et ça fera plaisir à votre chérie qui vous réclame de nouveaux articles à grands cris!
Il faut dire qu'entre votre boulot (que vous détestez) et vos cours (qui vous ennuient mais l'ambiance y est meilleure) ne vous laissent guère de temps pour une vie bloggique, étant donné que votre temps libre se partage entre tout ce que vous avez à faire pour tenir le coup, comme écrire, lire et ce genre d'éléments essentiels qui vous préservent de la folie profonde qui vous guette à mener une telle vie de dingue!
Tiens, en parlant d'écriture, il faut dire que rien que le forum rp, ça vous occupe pas mal! Et oui, au printemps, las de ne plus avoir votre dose de jeux de rôles, vous vous êtes lancé dans le monde étrange des forums rp. Ca vous permet d'écrire régulièrement, et force vous est d'avouer qu'une telle pratique vous fait beaucoup de bien! L'écriture, ça a beau être votre voie, c'est une voie qui doit se travailler!
Or donc, vous êtes arrivés il y a environ six mois, grosso modo, sur The Faculty, un très chouette forum de rp où vous avez grand plaisir à faire parler votre clavier. Qui plus est, vous vous élevez contre les mauvais esprits qui critiquent la rencontre de gens via la Toile; vous pouvez certifier que vos récentes expériences personnelles vous ont démontré qu'on pouvait être bien plus proche de gens à l'autre bout du monde que certaines personnes qu'on pouvait croiser dans la rue. Pour certaines de ces dernières, vous avez eu votre lot de déception... M'enfin, vous n'y pensez plus, et vous vous concentrez sur les amis qu'il vous reste près de chez vous et sur les nouveaux que vous vous faites plus loin!
A ce titre, vous en profitez pour exprimer votre amitié et votre gratitude envers les membres suivants de ce forum, que vous appellerez par leurs pseudos:
-Merci Angèle, de m'avoir attiré sur The Faculty, et de ton amitié; si tu ne m'avais pas rabattu sur ce forum, j'aurais raté bien des choses!
-Light, chère lumière, écrire en ta compagnie est un plaisir sans-cesse renouvelé que j'attends chaque fois avec la plus grande impatience! Merci de ton amitié, et qu'il y ait encore beaucoup d'Albert Smith!
-Spike, mon grand, merci pour ton soutien, ton délire et ton enthousiasme! Que le soleil de ta Réunion natale continue de t'y éclairer!
-Twilight, espèce de vieille baderne (c’est affectif) ! Ton humour et ton professionnalisme ne sont plus à prouver, et je me demande toujours comment tu arrives à faire ce que tu fais sans t’écrouler ! Chapeau bas, mon ami !
Et plein d’autres personnes sympa, évidemment ! Hein ? On vous dit que vous avez oublié quelqu’un ? Allons bon ! C’est parce que vous gardez le meilleur pour la fin ! Parce que c’est sur ce forum que vous avez rencontré Iwëne, votre nez-toile(ne cherchez pas, laissez tomber…), hein ma chérie ? Et ça, c’est une des plus belles choses qui pouvait vous tomber dessus ! Tiens, vous en profitez pour lui dédier cet article (vu qu’elle vous harcelait pour que vous en écriviez un nouveau sur ce blog) ! Et oui, c’est pour toi ma chérie, avec tout mon amour !
Sur ce, vous allez vous arrêter là, parce que vous avez parlé de ce que vous vouliez, à savoir The Faculty, et il ne faudrait pas que vous mettiez ici trop d’inspiration si vous voulez réécrire un article sur ce blog un jour ! Alors, vous saluez bien bas vos chers lecteurs, et c’est d’un mouvement de chapeau que vous tirez votre révérence…jusqu’à la prochaine fois !
13:09 Publié dans Vie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
29.10.2007
Aujourd'hui: premier cours inter-entreprise, histoire de mieux comprendre la voie où je me trouve... Réaction?
...
"Ohmondieuohmondieuohmondieumaisquestcquejfouslà
maisquestcquejfouslàmaisquestcquejfouslà?!?"
19:20 Publié dans Vie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
25.10.2007
Know who you are, and thank the light. (et accessoirement, non, je ne suis pas mort. Je me suis juste réveillé.)
La plupart du temps, autant dire presque toujours, vous ne savez pas vraiment qui vous êtes. Oh, vous êtes là, c’est indéniable. Vous avez vos deux pieds qui vous portent du matin au soir, vos deux bras qui se balancent au rythme de la marche (dieu, quand vous y pensez, vous vous dites que marcher est décidemment l’une des chose d’apparence les plus idiote du monde ; non mais qu’est-ce qu’on a l’air tarte quand on marche ! On sait jamais quoi faire de ses bras… Les singes ont tout compris, eux ! Cela dit, c’est surtout parce que sinon ils finiraient par s’emmêler une main qui traîne dans les pieds, mais passons…), et au-dessus de tout ça, votre tête dont les yeux hagards ne cessent de s’écarquiller chaque, des fois où ils verraient ce qu’ils ne sont même pas sûrs de savoir chercher.
En fait, vous avez beau avoir une vie sommes toutes agréable, dont vous n’avez pas à vous plaindre –et vous ne vous en plaindrez pas- et être pleinement conscient de la chance de vivre, vous ne pouvez vous empêcher de vous demander si cette personne qui traîne des pieds dans le train tous les matins et tous les soirs est réellement vous.
A vrai dire, vous en doutez.
L’ennui, c’est que vous ne savez pas qui vous êtes. Ce qui rend les choses difficiles lorsqu’on veut s’acheter un billet de cinéma, mais surtout lorsqu’on essaie de déterminer quel chemin suivre. De préférence celui où on n’aura pas trop de petits cailloux dans la chaussures et où l’on fera quelques rencontres intéressantes. Comme vous-mêmes. Vous attendez de vous voir marcher en face, afin de saisir l’occasion de vous payer un verre et de vous expliquer qui vous êtes censés être vraiment. De toute façon, vous payerez la prochaine tournée.
En fait, malgré tout ce que la vie, votre vie, peut avoir de concret, vous vous demandez si ce que vous êtes vraiment n’a pas une plus grande tendance à se balader au-dessus des nuages de manière vaguement fantaisiste plutôt que d’occuper votre corps en temps et en heure. Ce qui vous arrangerait vachement, surtout pour choisir le bon film.
Et puis vous finissez par vous dire que ce n’est pas qu’aucune voie vous convient, mais qu’il est plus juste de dire que c’est vous qui ne convenez à aucune d’entres elles. Vous y finissez par y croire, comme on croit en un dieu ou dans les analyse de fissions, voir même dans les manuels de coaching « ayez confiance en vous ». D’accord, mais vous, c’est qui ?
Alors, donc, vous vivez, vous aimez ça mais vous vous êtes enfermés dans cette conviction que vous n’aviez pas trouvé la place qu’elle avait prévue pour vous dans un de ses bons jours. Vous avez des chaussons aux pieds, mais ils ne sont jamais totalement de la bonne taille. Vous auriez pu accomplir de grande choses, si seulement vous auriez su dans quelle jambe du pantalon de la vie il glisser la vôtre.
Alors vous vivez en profitant du bon moment, mais sans savoir quelle chance saisir, parce que vous ne sauriez pas les reconnaître d’une pomme de terre si vous les voyiez. Du moins vous vous en êtes persuadés. Par dépit, vous suivez une voie que vous savez ne pas vous convenir ; mais vous savez aussi que les autres conviendraient encore moins, alors vous vous laisser faire. Vous vous taisez parce que vous n’avez rien à dire, parce que des gens comptent sur vous, s’inquiètent pour vous, et que vous ne pouvez pas les décevoir.
Et pourtant, il y a toujours ce petit quelque chose en vous, que vous entendez mais que vous n’arrivez pas à écouter. Comme un enfant perdu qui crie pour qu’on le retrouve. Vous essayez d’éclairer votre chemin à la lueur des étoiles, mais elles sont toutes si différentes, si éloignées que ce n’est plus que cacophonie de lumière. Vous haussez les épaules, vous avancerez ; sur un chemin qui n’est pas le bon, mais qui vaut mieux que d’autres. Le bon, celui qui vous permettrait de vous réaliser, vous ne l’avez pas encore trouvé.
Et puis, un jour, suite à un concours de circonstances dont vous n’auriez jamais soupçonné l’impact, vous voyez une lumière qui brille plus que les autres. Elle est différente. Elle vous tombe dessus sans prévenir, vous n’y croyez pas, mais l’enfant perdu qui est en vous s’apaise. Au détour d’un chemin, sous cette douce lumière, vous vous retrouvez. Et si vous ne savez pas encore qui vous êtes, vous savez par contre que vous vous trouvez pour une fois à votre place, dans cette lumière. Parce que c'est grâce à elle que vous avez retrouvé l'envie d'écrire sur ce blog, par exemple. Et que vous aurez en vie de faire plein d'autres choses, et de ne plus refuser les découvertes.
Vous avez trouvé votre bonne étoile, et elle vous montre le chemin. Alors vous vérifiez que vous avez de bonnes chaussures, vous esquissez un sourire, et vous la suivez.
Car c’est en suivant une étoile que vous saurez qui vous êtes. Et vous n’auriez pas pu tomber mieux.
10:55 Publié dans Vie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
07.06.2007
Le mercredi, c'bien mieux qu'le dimanche
J’sais on est jeudi et j’ai mis mercredi dans l’titre mais j’fais c’que j’veux.
Tout ça pour dire que hier après-midi (le mercredi donc, pour ceux qui suivent pas) s’est révélé être un intéressant moment. En effet, le SPJ (Société Protectrice de la Jeunesse, en Suisse) fête ses 50 ans en automne, et mon cher assistant social (oui, j’ai un assistant social, étant donné que chuis dans une famille d’accueil) m’avait parlé d’un projet qui avait émergé dans son esprit.
Le but était de demander aux enfants et ados affiliés au SPJ d’écrire un petit texte ou de faire un dessin sous le modèle «ce que j’aimerais dire à quelqu’un (papa, maman, sœur, frère, etc…) ». Etant donné que je n’ai pas grand-chose à faire de mon temps pour l’instant, mon assistant m’avait proposé de me joindre au comité de lecture chargé de ce projet : faire un livre contenant les meilleurs textes et dessins pour ce fameux cinquantenaire.
J’ai bien évidemment accepté, et hier nous sommes allés à une réunion du comité de lecture au sein de la maison d’édition et d’imprimerie Grand (éditions Ouvertures). Au préalable, j’avais comme chacun d’entre nous reçu un gros dossier contenant entre trente et quarante textes et dessins envoyés au SPJ. C’est ainsi que nous avons passé notre après-midi de hier (et notre début de soirée) autour d’une table à délibérer sur toutes ces œuvres. Il y avait l’éditeur (un monsieur très sympa), d’autres représentants du SPJ, etc…On devait être huit ou neuf et l’ambiance était très bonne.
J’ai donc pu assister aux prémices de la naissance d’un ouvrage au sein même de la maison d’édition. Et choisir parmi touts ces textes s’est révélé très difficiles. Il y avait de tout, des messages d’espoirs comme de révoltes, et certains de ces textes se sont réellement révélés très durs à lire. Je peux vous dire qu’en sortant de la réunion, je me suis dit que j’avais quand même eu pas mal de chance dans ma vie. Que dire de ce texte d’une jeune ado dont la mère est morte et qui imagine déjà la mort de son père, son propre suicide et celui de son petit frère pour qu’ils se retrouvent au paradis ? Ou de cette fille qui racontait comment elle et ses frères et sœurs ont vécu l’enfer dans une famille d’accueil qui n’aurait jamais dû avoir le droit d’accueillir des enfants ? Evidemment, il y avait d’autres textes plus gais, d’enfants et d’ados qui sont sortis du tunnel mais…il y a certaines phrases qui nous passent sous les yeux et qu’on ne peut pas oublie.
En juillet, le comité se réunit une nouvelle fois pour parler de la maquette du bouquin. J’espère vraiment que ça donnera quelque chose de bien, et je suis ravi, et même un peu fier, de suivre le projet.
Le SPJ, comme tous ces gosses et ses ados, méritent amplement un tel ouvrage.
Sinon, j’aime bien le mercredi. Sans doute une réminiscences du temps du collège, où le mercredi après-midi est synonyme de congé en Suisse. En plus, et c’est strictement superficiel, j’ai pu suivre hier soir la fin d’une énième série française de l’été « Suspecte ». Je dois dire que pour une fois, ils ont réussi à nous pondre une intrigue originale et bien menée par un trio d’actrices exceptionnelles (Ingrid Chavin est une actrice extraordinaire, et Karina Lombard et Elodie je sais plus (une suissesse^^) étaient aussi vraiment douées). Après l’involontairement hilarant nanar qu’était toute la saga du Zodiaque (Francis Huster m’aura fait hurler de rire plus d’une fois malgré lui) et autres trucs à la Dolmen, enfin quelque chose qui donne envie d’allumer son post. Je dis chapeau (même si je m’attendais à mieux pour la fin mais bon…).
Et puisque on est dans le plaisir superficiel, le mercredi soir y a Docteur House, et cette série est tout bonnement géniale, surtout grâce au personnage principal au charisme aussi fascinant que détestable.
En bref, retenez juste une chose : dimanche nul, mercredi bien.
Chanson du moment: ("voir" au début de la note, comme d'hab') Baba Yetu, de Christopher Tin
Bouquin du moment: toujours le même; je lis trop peu ces jours, c'pas bien. >_<
Humeur du moment: relative
15:50 Publié dans Vie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note



