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Vie - Page 2

  • Où vous faites le constat

    Malgré l'heure tardive, vous entendez courir des enfants dans l'un des appartements des étages supérieurs. Cela ne vous agace pas réellement, pas plus que les éclats de discussions ici et là, les portes qui s'ouvrent et se ferment, les chaises qu'on traîne sur le sol, un rire ou une engueulade qui éclate brièvement avant de se muer dans l'une ou dans l'autre, le couple de voisin qui fricote sous les couvertures jusqu'à en faire cogner rythmiquement la tête de lit contre le mur, sans oublier tous les mots criés et les onomatopées qui vont avec dans une sorte de grand tour général des impératifs de narration concernant la copulation entre voisins. Tous ces sons, ces bruits, ces éclats...vous les considérez comme des éclats de vie. Des gens vivent au-dessus de vous, en-dessous, à côté, tout autour de vous ! Des gens vivent de l'autre côté de la rue ; de vos fenêtres vous voyez les leurs, allumées ici et là, parfois accompagnée d'un écran, de silhouettes se découpant à travers l'obscurité et les lampadaires, vaquant à leurs affaires d'histoires. Chaque humaine, chaque humain, comme vous : vivant, avec une vie de malheur et de bonheurs, et un monde mental dont on ne peut même pas réellement soupçonner la portée tant elle est propre à chacun et vous fait de toute façon tourner la tête dès que vous vous essayez naïvement à essayez de comprendre la place de l'être humain dans l'univers, et encore moins la vôtre...

     

    Cette insignifiance soudaine vous étreint alors, de même que l'absurdité d'une vie qui ne vous mène nulle part que vous le vouliez ou non. La nuit est tombée et des enfants jouent joyeusement dehors autour de l'immeuble, à côté du bras de forêt où les renards s'époumonent la nuit sous vos fenêtres. Là encore le bruit ne vous dérange. C'est la vie, tout simplement. Quelque part, vous vous en nourrissez par procuration, essayant d'en aspirer quelques relents pour vous sentir à nouveau, ne serait-ce qu'un seul instant, vivant. S'il y a une source sonore qui vous agace dans cette vie communautaire, ce sont bien les deux ou trois personnes, dans des appartements que vous n'avez pas cherché à identifier, qui décident régulièrement de se mettre à prier en boucle et de manière principalement incompréhensible, souvent à partir d'une heure du matin, et pour une heure de contenu ou parfois, l'un ou l'autre rejoint le premier ou la première. Voilà qui vous énerve, et vous envahit d'en sentiment assez glauque, ces prières différentes prononcées pour tout l'immeuble à des pouvoirs que vous ne pouvez comprendre car vous vous vous êtes avoués il y a longtemps qu'ils n'existaient pas.

     

    Au moins, les enfants ne prient pas. Et vous aimez leurs rires, leurs cris et leurs jeux, vous admirez cette faculté tout enfantine de passer de l'un à l'autre et de pardonner aussi vite qu'ils se sont pris la tête. C'est un son rassurant, le son d'une vie simple mais pas automatiquement dépourvue de complexité, à la manière toute particulière dont les gosses gèrent leurs empires. Vous, vous savez que vous n'aurez jamais d'enfants. Vous n'en avez pas envie, la responsabilité vous effraie, et peut-être êtes-vous trop égoïste : s'occuper de vous-même vous prendre déjà toute votre énergie, alors être responsable d'une autre que la vôtre... Mais vous les aimez, ces enfants, et vous vous vous rappelez quand vous en étiez un vous-même. Dans une situation familiale étrange mais bienveillante de tous les côtés, entouré d'amour et de soutien. Vous étiez un enfant heureux, vous vous demandez comme vous êtes devenu un adulte si malheureuse même quand aucune raison ne se bouscule au portillon pour. Parfois, vous vous sentez si triste -d'une tristesse profonde, sourde, inconnue, semblable à un trou noir au sein de votre poitrine aspirant votre coeur petit à petit et vous rendant si vide que vous êtes incapable d'écouler la moindre larme alors que vous avant tant besoin de pleurer- que vous avez envie de mourir. Cela ne va jamais plus loin, cette sombre pensée aussitôt dispersée par la peur totalement redoutable que la mort vous inspire.

     

    Ne pas avoir d'enfants ne vous déprime pas vraiment, vous ne pensez pas être adapté pour le job, et les enfants s'en sortent toujours mieux avec des parents qui les veulent vraiment. D'autres apprennent sur le tas, et apprennent très bien, n'ayant rien à prouver aux premiers. Mais vous... Aussi idiot que cela puisse paraître, un rêve vous a permis de comprendre que ce ne serait jamais le cas. Vous en aviez déjà parlé ici ou là. Dans ce rêve, vous tenez votre nouveau né dans les bras...et si vous ressentez un amour profond pour ce poupon onirique, cela s'est accompagnée de la totale certitude que cette partie là de la vie ne sera jamais pour vous. Au réveil, vous en avez ressenti une grande tristesse...suivie aussitôt d'une grande légèreté. Ce qui n'a pas moins rendu moins douloureux la remarque d'une de vos ex, quelque chose du genre «Tu ne pourrais pas être un bon père, avec tous tes problèmes ». Vous savez toujours que les enfants ne feront pas partie de votre vie, mais cette remarque vous assaille régulièrement dans un coin de votre tête, et tout vos certitudes du monde n'ont encore jamais réussi à en expurgé la douleur et le manque de confiance en soi qui en grandit, allant encore plus loin.

     

    Quand à l'amour... Vous vous êtes fait à l'idée que ce ne n'est pas vraiment pour vous. Qu'au mieux, vous aurez peut-être droit ici et là à quelque mois d'une découverte délicieuse d'une personne qui vous comprend et que vous comprenez à un niveau plus que supérieur, avant que le tout ne s'étiole parce que les circonstances font toujours qu'il va se trouver entre vous quelque chose d'irréconciliable. Sans que ce ne soit forcément la faute de l'un ou de l'autre. Il y a votre besoin de vivre par vous-mêmes, votre anxiété à l'idée de partager votre espace dans la simple idée de vivre avec quelqu'un, sans parler de vos problèmes psys qui n'arrangent pas les choses. Vous n'arrivez pas à travailler et ne le pourrez sans doute jamais, l'angoisse et la dépression continueront jusqu'au bout à vous entraîne dans une ronde endiablée, un cycle vous amenant sans cesse de l'un a l'autre. Vous n'avez même plus de passion. Disparue, les certitudes de votre enfance sur ce que vous vouliez faire lorsque vous serez grand. Maintenant que vous êtes grand, tout ce qui vous passionnait, vous n'avez plus l'énergie de le faire revivre. Vous n'avez aucun plan, aucun but, aucune envie, aucune passion secrète qui animerait votre âme. Vous juste...vivotez d'une série à l'autre, d'un jeu à l'autre, d'un livre à l'autre, et de quelques écrits qui ne mènent nulle part. Votre ex du «Tu ne pourrais pas être père » avait raison là aussi, quand elle disait que vous n'aviez finalement rien à offrir. C'est tout simplement le cas : vous n'avez rien à offrir à qui que ce soit. Pas même le rêve le plus fantasque. Juste quelqu'un de brisé sans réelle raison, à la psyché malade, atrophiée, tellement diffuse qu'aucun diagnostic n'a jamais été réellement fait, ce que vous donne l'impression de couler de plus en plus sans cette dernière bouée...

     

    L'amour vous semble aujourd'hui illusoire, et responsable de pire que les cauchemars : les bons rêves. Ceux qui vous arrivent de temps en temps où vous rencontrez une de ces personne oniriques non définie qui vous témoignent autant d'amour que vous en ressentez pour elle, avec la sensation indiscutable et ô combien agréable et empreinte de soulagement du cœur : ça yest, vous avez trouvé la bonne personne. Et puis vous vous réveillez. Seul.

     

    Le sexe vous manque, également. Pas au point de passer à l'obsession : vous ne l'avez jamais considéré comme un besoin, vital ou non. Mais outre le plaisir, ce qui vous manque réellement c'est l'intimité de cette connexion physique, et de la partager avec une personne sur la même longueur d'onde. La peau contre la peau, les baisers aussi bien doux que passionnés, une oreille qu'on mordie, juste ce sentiment de pouvoir, au moins l'espace d'une nuit, s'abandonner sans craint au sein de quelqu'un tout en lui apportant le même refuge. N'attachant pas automatiquement le sexe à l'amour, vous vous demandez parfois si vous seriez capable d'aller jusqu'au bout si l'opportunité d'une nuit sans lendemain (d'un coup d'un soir, comme disent les djeunz) se présentait à vous. Déjà que vous ne la remarqueriez probablement pas, votre anxiété naturelle et votre difficulté à vous faire de nouvelles connaissances ne joue pas vraiment en votre faveur. Et si vous en étiez-capable, serait-ce suffisant, serait-ce assez pour combler ne serait-ce qu'un instant cette solitude, cette abandon ? Peut-être, ou peut-être pas. Ce n'est de toute façon pas avec votre vie sociale florissante et votre charme naturel (vous permettant de citer au moins un dinosaure réel pour chaque lettre de l'alphabet) que vous risquez d'en savoir plus un sujet. Mais la connexion vous manque, vous la sentez dans votre corps qui se languit du contact d'un autre tout en se paralysant à la possibilité d'un simple hug amical.

     

    Vous ne ressentez rien, plus vraiment. Vous êtes...vous, mais pas vraiment. Vous observez votre vie de loin, vous sentant souvent dissocié de ce que vous expérimentez. Vous arrivez encore à tirer quelque plaisir ici et là d'un épisode de série, d'un films, d'un peu de lecture ou d'une heure de jeux vidéos, mais votre énergie créatrice est tellement asséchée par la fatigue chronique qui vous empoisonne que le moindre écrit vous arrache une telle douleur que vous n'arrivez plus à vous lancez dans les projets comme vous aimez tant le faire des années auparavant. Vous n'êtes plus vraiment vous, ce qui vous rend triste -et vide, toujours sans pleur- et vous ne savez pas qui vous êtes. Ni qui vous pourriez devenir. Le futur vous apparaît comme flou, incertain, inconséquent. Adolescent, une de vos psychoses était d'être convaincu que jamais vous n'atteindriez l'âge de vingt ans. Cela vous a terrifié et angoissé jusqu'à la date fatidique et...une fois celle-ci passé, les angoisses ont simplement trouvé d'autre cible. Mais aujourd'hui, à trente-quatre ans, vous avez l'impression de revivre ce vieux cauchemar éveillé : la sensation que quelque part, dans corps et ou votre esprit, il y a quelque chose de pourris, de malades, que vous ne pouvez trouver, et qui ferai que vous ne verrez pas vos quarante ans. Et même la première expérience de vos vingts ans dans les poches, vous êtes de plus en plus seul et terrifiés face à cette étrange, ridicule et pourtant pour vous parfaitement logique condamnation à mort.

     

    Vous ne savez plus comme vivre, pour ne pas mourir vous voulez juste dormir à la place. Mais vous dormez mal, depuis l'adolescence. Vous vous rappelez parfaitement bien le dernier matin où vous vous êtes senti reposé et bien après un bon sommeil. Vous aviez vingt ans, après quelques heures de sieste sur une chaise-longue près du camping-car de vos parents d'accueil, en France. Depuis, plus jamais vous n'avez ressenti cette sensation. Vous avez essayé tous les horaires de coucher, de lever les combinaisons qui vont avec, sur de courtes comme de longues périodes : rien n'y fait. Vous vous réveillez toujours plus fatigué qu'au moment du coucher, et de plus en plus vous sentez les dernières réserves de votre énergie mentale s'écouler sans se reconstituer, et vous craignez le jour où il n'y en aura vraiment plus. Quand vous serez totalement incapable de vous occuper de vous-même.

     

    Voilà deux moins que vous avez un trou dans votre salle de bain parce que le mur a dû être démoli à cause d'une fuite. On vous a dit qu'on allait vous contacter pour quand les réparations seront faites afin de venir boucher le trou. Deux mois sans nouvelles, deux mois avec un trou dans votre salle de bain qui provoque courants d'airs, et transporte bruits étranges et odeurs qui le sont tout autant. Vous n'auriez qu'à écrire un mail à votre gérance, mais vous n'y arrivez pas, comme si la tâche était aussi impossible pour vous que l'un des douze travaux d'Hercules (sans que Hercules, lui, il n'a jamais dû communiqué avec sa gérance, pas sûr qu'il s'en soit mieux sorti). L'autre soir, vous étiez couchés sur le dos, incapable de vraiment bougé, le poids de votre incapacité à envoyer un simple e-mail pesant sur vous comme une pile de boules de bowlings. Votre énergie qui s'étiole de plus en plus sert à vous faire sortir pour les courses, vous nourri vaguement. Trop peu ou trop mal. Soit vous sautez des repas parce que vous n'avez pas l'énergie de réchauffer même un putain de plat micro-ondes, parfois les fringales de la déprime vous font avaler un paquet de biscuits d'une traite et par jour, verre de lait en option. Vous avez pris sept kilos en six mois. Mais ça n'a plus d'importance. Vous n'aviez rien à offrir sans de toute façon.

     

    Alors vous vivotez, étendu de plus en plus comme du beurre trop sec, sans savoir comment renouveler l'énergie, avec au fond de votre crâne les souvenirs de votre enfance où vous n'étiez pas encore cassé. A ignorer la situation avec votre mère qui vous ronge petit à petit, votre mère que vous n'arrivez pas à aller voir dans son établissement, votre mère à qui vous ne savez pas quoi dire quand elle téléphone et elle non plus, votre mère qui n'est plus votre mère, votre mère qui a perdu tout ce que son esprit faisait d'elle...et bien, elle, et qui vous permettait de travailler votre lien compliqué. Votre mère qui est encore là, encore assez bien pour communiquer, mais votre mère qu'une part honteuse de votre cerveau considère comme déjà morte, et dont vous faites déjà le deuil. Le deuil d'un esprit brillant dont vous arracher les derniers morceaux en continuant de vider son appartement...

     

    Vous êtes...vous ne savez plus qui vous êtes. Vous ne savez pas, peut-être bien que vous ne l'avez jamais su. Vous êtes au bout du rouleau mais vous roulez quand même, parce que sinon vous tombez pour de bon. Vous roulez sur une énergie qui se fracture et se recompose avec des restes parce qu'il faut bien aller faire des courses, manger, voir le psy, voire la famille et les amis que vous aimez tant mais avec qui vous ne savez plus comment être, à avoir peur de n'avoir toujours qu'une réponse négative quand on vous demande comment ça va, qui pourrait durer aussi bien pour les six mois à venir que les six ans.

     

    Vous êtes fatigué. Tellement fatigué. Usé. A passé minuit, une chaise racle sur le sol de l'appartement du-dessus. Deux personnes discutent, certains mots plus forts que les autres perçant les murs. La vie, tout autour de vous, qui n'avez plus rien à donner mais qui n'a pas encore fini de rouler.

     

    De nouveau, des enfants courts ; dans un coin de votre tête, vous ne pouvez que leur souhaite bonne change du fond du cœur.

  • Usé

     

    Usé.

     

    Vous vous sentez usé. Un peu comme un élastique étiré bien trop longtemps, dans trop de direction, pour trop de monde, et avec bien trop de poids sur le caoutchouc. Et plutôt que de le voir vous revenir dans la figure dans la représentation d'un des ressorts comiques les plus cosmiques, vous sentez qu'un jour -dans longtemps, ou demain- il va...lâcher. Même pas se casser net, voilà qui serait trop dramatique (avez-vous déjà essayé d'être dramatique lorsque vous avez grosso modo l'énergie d'un tabouret?). Lâcher, tomber, s'écroule tel un bandeau flasque sur le coin de la table de la vie, parce qu'il n'y a rien de tel qu'une métaphore mobilière de la vie, d'autant plus quand vous avez l'impression que la vôtre, on l'a montée en vitesse à Ikea et qu'il manque quelque part la vise qui va finir par tout faire s'écrouler.

     

    Il vous a toujours manqué une vise de toute façon. Ou un boulon. Sûrement les deux. Vous n'avez pas été construit correctement, et vous n'avez jamais été foutu de vous reconstruire vous-mêmes ; les légos, vous êtes plus du genre à marcher dessus pied nu qu'à les assembler inlassablement du temps de votre enfance. Où vous sentiez...et bien enfant, et enfant heureux, plein de rêves et d'idées et d'amour.

     

    Aujourd'hui, les seuls rêves qui vous restent sont ceux qui vous font si mal qu'ils vous font peur : ces rêves, récurrents, où tout s'arrange, où vous sentez à votre place, où vous rencontrez même quelqu'un et où vous vous rappelez ce qu'être heureux veut dire. Et puis vous vous réveillez. Vous vous réveillez toujours. Vous préférez les cauchemars, même à base de sorcières, Morgan Freeman et un koala (les cauchemars sont souvent très spécifiques rien que pour vous poussez à les infliger aux autres dès le réveil, un peu comme une assommante infection. Mais au moins, les cauchemars ne vous enlèvent pas l'idée du bonheur).

     

    Fatigué. Vous êtes fatigués. Vous avez l'impression que ça va bientôt faire dix ans que vous dites aux gens que ça faut au moins dix ans que vous vous n'êtes plus réveillé reposé. Ce n'est pas une exagération : plus une seule fois. Le repos n'est plus pour vous qu'un souvenir lointain, que vous ne pouvez éprouver qu'approximativement via un exercice mental, un peu comme les coupes de cheveux des années huitante. Peu importe vos horaire, votre temps de sommeil, toute les habitudes et les trucs différents essayés : vous ne connaissez plus le repos. Et quand vous en parlez autour de vous, vous voyez celles et ceux -la plupart, qui ne comprennent pas vraiment, qui pensent juste que vous avez de la peine à dormir et qu'il suffirait de bouger un peu plus... Et à toutes celles et tous ceux qui savent, votre cœur fatigué s'élève vers eu pour les prendre dans ses petits bras fatigués (des bras métaphoriques, votre cœur n'est pas – à votre connaissance- une erreur de la nature).

     

    Votre cœur qui bat et continue de faire son travail, et qui malgré tous les check-ups du monde vous donne l'impression d'être tellement usé qu'il va s'arrêter à tout moment. Dans votre tête, ce n'est même plus une question de risque, ou de si qui sont tous retournés dans leurs bouteilles : dans un jour, dans un mois, dans dix ans, dans trente secondes... Paf. Vous avez cette impression de sursis permanente qui plane au-dessus de votre tête (il n'y a plus de place sur vos épaules, la mouette boudeuse de l'anxiété y niche déjà). Cette impression d'usure avant l'heure, cette certitude que tout cela va finir comme si l'on coupait les fils de votre marionnette (vous auriez-dû viser un poste chez les Babibouchettes, au moins les chaussettes n'ont pas besoin de fils pour bouger).

     

    Les fils, vous les tenez vous-mêmes d'une main maladroite parce que vous n'avez aucune idée de qui vous êtes vraiment et de la direction à prendre. Et puis maladroit comme vous êtes, vous vous emmêlez régulièrement les jambes. Si ce n'est pas l'arrêt brutal de votre corps qui vous tuera, ce sera probablement la chute au bord d'une falaise simplement parce que vous n'aviez pas été capable d'orienter correctement votre genou gauche. Ou alors il y avait un égo.)

     

    Vide. Vous vous sentez toujours aussi vide. Ce fameux vide que vous ne savez combler, que ce soit en vous goinfrant d'une nourriture qui perd de plus en plus de sa saveur, de livres qui défilent sans vraiment relier quoi que ce soit, de jeux qui ne sont là que pour mécaniquement tromper votre ennui, de films et de séries consommés comme des pilules pour oublier qu'il n'y a plus rien à penser. De la masturbation de l'ennui au ménage du lundi, sans oublier l'énergie folle dépensée pour rester vaguement fonctionnel, capable de se gérer soi-même. De ne pas s'écrouler. De ne pas céder face à l'usure. Pour les gens.

     

    Pour les gens tout autour de vous, qui vous aiment et que vous aimez. Vous avez la chance d'avoir un réel soutien, aussi bien amical que familial, et vous ne les remercierez jamais assez, vous ne saurez jamais leur dire, maladroit comme vous êtes, à quel point ça compte, et à quel point vous voulez vous aussi les aider si vous pouvez trouver la force. Et l'horreur de réaliser à quel point vous devez être brisé pour réaliser que même comme ça, vous vous sentez seul. Atrocement seul au milieu du monde qui vous aime.

     

    Seul. L'amour, vous n'y croyez plus. Vous avez essayé, l'une vous a détruit deux fois, l'autre vous avez dû la laisser partir même si elle y croyait. Et bon sang ce que ça vous manque. De ne plus trouver cette complicité, ce partage d'âme avec qui que ce soit. Le manque physique, aussi. Le sexe, mais pas seulement ; ces dernières années vous avez survécu sans et vous en portez pas moins bien. Mais l'intimité, le partage de corps et d'âme qu'il représente avec un être aimé. Et plus que ça, les simple frôlement, les câlins, les mains dans les mains, jusqu'à un simple regard échangé qui dit « tout va bien ». Et vous ne le retrouverez jamais, vous n'avez pas l'énergie, pas la passion, rien à offrir si ce n'est une vie de complexités absurdes.

     

    Peut-être bien que c'est en partie dans les gènes, après tout. Cela fait des mois que vous n'avez pas revu votre mère, toujours à l'asile. Que vous ne répondez même plus à ses téléphones. Que vous vous sentez incapables de réagir face à la personne qu'elle est devenue. Parce que ce n'est plus votre mère, celle avec qui vous aviez trouvé un moyen d'échanger à travers vos lectures communes, les séries et les films, votre amour des histoires qui permettait de communiquer celui que vous aviez l'un pour l'autre. Maintenant, par protection et par lâcheté, vous la fuyez. Cet été cela fera deux ans qu'elle est internée, deux ans que vous savez qu'il va falloir faire un deuil, le deuil d'un esprit formidable, et qui vous pousse à la fuite.

     

    Vous n'avez pas de force. Vous n'en avez jamais eu beaucoup, mais votre énergie disparaît, phagocytée par le désespoir d'une vie normale. Par la volonté de ne pas inquiéter les gens autour de vous, la volonté de ne pas disparaître sans nouvelles, de ne pas leur faire ça. Mais cela devient de plus en plus difficile, l'énergie de plus en plus rationnée. Avant, vous étiez toujours créatif, sur un projet : dessin, écriture, jeu de rôles... Vous ne finissiez rien, mais au moins vous faisiez. Maintenant, cela fait des mois, des années que vous l'avez perdu ; des pages de notes qui ne verront jamais le jour, une incapacité à vous y remettre qui confine à la peur. Et à l'usure.

     

    Vous n'en pouvez plus, mais vous continuez, petit à petit, ou plutôt de plus petit en plus petit. Vous voudriez tellement avoir la force de juste lâcher prise, oublier les derniers efforts, et enfin...Vous n'avez pas envie de mourir, si cela peut rassurer vos éventuelles lectures. Vos pensées sont parfois morbides, mais jamais vraiment noires. Vous aimez la vie, et vous avez envie de vivre ; mais vous ne savez tout simplement pas si la vie est pour vous. Si vous êtes assez solide.

     

    Il y a le vide, qui vous dévore de plus en plus. Le manque, et l'usure, et la solitude, et la tristesse, et la honte de ne pas savoir pourquoi, de ne pas trouver la source, d'être juste...cassé, comme ça, sans raison. La honte quand vous pensez aux gens bien tout autour de vous, et que vous n'arrivez pas à rejoindre au-delà du vide et de la solitude. Pas vraiment.

     

    Un jour, vous en avez l'impression, psychotique ou non, que vous allez vous arrêter. Que l'usure sera trop forte. En attendant...en attendant, il doit bien y avoir un épisode de série ou un jeu à faire non ?

     

    Il n'y a parfois que le vide qui donne l'impression de combler le vide.

  • Les lacets c'est lassant

    Vous avez un rapport particulier avec vos vêtements. Bon, d'accord, dit comme ça, probablement que tout le monde en a un, et que le vôtre n'est certainement pas près de renverser la vision qu'on peut avoir de la mode (1). A bien y penser, sans doute qu'une quantité astronomique de gens ont plus ou moins le même que le vôtre, mais c'est le propre de tout à chacun ou presque que d s'imaginer qu'on est le seul à vivre exactement ainsi cette chose banale du quotidien. C'est probablement une technique pour se l'approprier un peu, ce quotidien. Des milliards de gens arrosent sans doute leurs plantes tous les jours, mais il ne tient qu'à vous que de le faire en vieille pantoufles tout en chantonnant du Bach. Ce qui n'est pas votre cas, déjà parce que vous ne connaissez pas vraiment Bach, et puis parce que Pamela (votre fidèle plante verte) ne s'entretient qu'une fois par semaine (Pamela étant du coup un peu comme une vieille rentière).

     

    Vous parliez de vêtements, donc. Tout un monde rempli de merveilles insoupçonnables et de terreurs innommables, quand les deux ne se confondent pas dans un déluge de forme et de couleurs qui auraient fait pleurer des cubistes, peut-être même jusqu'à leur donner l'envie d'aller se peindre une coupe de fruits toute simple, histoire de reprendre un peu pied avec une réalité qui s'enfile rarement comme une bonne paire de chaussures. Les chaussures étant le point où vous vouliez vraiment en venir. Le reste de votre garde-robe se déclinant en plus ou moins deux catégories distinctes : la pile de t-shirts et de chemises que vos parents achetaient régulièrement avant que vous ne déménagiez pour votre premier appartement il y a quelques années, et qui représentent un florilège aussi sobre que mettable...et la pile de t-shirts que vous avez vous-même amassée par la suite ou que des proches vous ont offerts à différentes occasions, le tout généralement un hommage à quelque chose de geek (ce qui promulgue souvent un excellent bouclier sur lequel faire dériver les conversations avec les inconnus plutôt de se contenter de hocher vaguement la tête en espérant ne faire qu'un avec le mur, qu'ils nous oublient le temps d'aller chercher des chips). Oh, et deux paire de jeans. Tout ceci devrait vous simplifier la vie le matin, et si vous ne passez guère de temps à vous demander quoi mettre aujourd'hui, vous n'êtes jamais vraiment sûr du résultat non plus, vous sentant toujours vaguement mal à l'aise quelle que soit la configuration des habits choisis. Vous enviez terriblement les gens qui ont le sens du style -et vous n'entendez pas forcément par-là celui de la mode, mais au moins le sens de son propre style, celui qui nous convient quoi qu'il arrive- et qui pourraient se rouler comme une loutre au milieu de leur logement pour se retrouver parfaitement drapé de ce qui se sera retrouvé sur le chemin (et qui seraient capables d'en imposer dans leur ensemble couverture en tweed-brique de lait vide-petits pois tout sec oublié sous un recoin du canapé).

     

    Vous, vous vous contentez de ce qui vous vient sous la main, mêlant le tout dans un ensemble bien plus dédié à la pudeur de circonstances qu'un réel éclat vestimentaire. Vous avez tendance à repérer ce qui vous plaît, à espérer très fort que cela ne rend pas aussi mal que vous en avez l'impression, et à porter les mêmes choses encore et encore. Et à ce sujet, cela ne pourrait être plus vrai qu'avec votre vieille veste de cuir-qui-commence-à-avoir-des-petits-trous...et vos chaussures. Les chaussures, c'est bien le pire. Elles représentent un monde qui vous est tellement peu familier que vous avez tendance à y trébucher comme un myope ne retrouvant plus où il a posé ses lunettes (la réponse étant généralement sur votre nez (2)). Chausser vos pieds a toujours représenté pour vous un défi certain : vous ne savez jamais quelle taille vous faites, ça change d'une chaussure à l'autre, ils n'ont pas tout à la fait la même taille (ce qui perturbe grandement votre esprit symétrique), ils ont des soucis de communications et ont tendance à se cogner les uns dans les autres sans même faire de constat, ce qui témoigne en plus d'un manque flagrant d'esprit de civisme.

     

    Et plus encore que le reste de vos vêtements, c'est bien pour ça que vous avez la fâcheuse tendance à porter une paire de souliers qui vous convient autant que faire sur peu jusqu'à ce qu'ils commencent littéralement à se désagréger sous vos yeux. Ce qui commence fâcheusement (à entendre par-là : ça fait au moins deux ans que le processus s'est enclenché) à arriver à vos baskets, à savoir l'une des trois paires que vous possédez actuellement (l'une d'elles étant les fameuses chaussures de sports qui représentent plus le concept de faire du sport un jour que le sport en lui-même. C'est très important.). Vous savez que -et ce que quel quoi leur sexe- il y a es gens pour qui se contenter de trois paires seulement constituerait un affront sauvage et impardonnable non pas tant au bon goût qu'au simple confort raisonnable. Vous n'avez aucune intention de juger les gens qui en ont des placards entiers, même s'ils ne les utilisent pas toutes. Après tout, vous collectionnez bien les bouteilles en verre intéressantes, et vous n'y rebuvez pas. Sans parler des bibelots en plastique qui s'amoncellent un peu partout chez vous, à tel point que vous songez à vous faire enterrer avec tel un pharaon dans son mausolée. Alors franchement, collectionner les chaussures, c'est quand même bien plus pratique, et puis on dit toujours que l'important c'est de se faire plaisir (du moment qu'on essaye de poignarder personne avec les objets de sa collection, ce qui à titre purement hypothétique serait quand même plus facile avec des talons qu'avec des couvercles de crèmes à café).

     

    Tout ça pour dire que vous baskets sont en train de mourir autour de vos petons, révélant à travers un petit trou ici ou une fente là vos chaussettes colorées et apposées de logos divers et variés (vous vous facilitez grandement la vie depuis que vous ne vous contentez plus que de chaussettes noires, ce qui vous donnait l'impression d'être un chercheur d'or en train de tamiser ses pépites lorsqu'il s'agissait de remettre les bonnes ensemble après chaque lessive). Un peu plus, et tel l'un de vos personnages favoris dans les romans de Terry Pratchett, et vous serez capables de reconnaître la rue où vous vous trouvez rien qu'à la texture du pavé sous vos semelles quasi inexistantes (ce qui, vu votre sens d'observation légendaire (3), pourrait devenir un atout, qui sait?). Vous auriez votre permis de conduire et une voiture, vous feriez sûrement la même chose, ne consentant à changer de modèle que le jour où vous vous retrouverez assis dans la ru avec les lambeaux du siège sous les fesses et un volant dans les mains (avec une roue tournoyant quelques mètres plus loin dans la rue, parce que si vous n'avez aucune notion réelle de conduite, vous en avez une plus poussée de ce qui constitue un impératif narratif).

     

    Ce qui vous embête le plus dans tout ça, c'est surtout que cet hiver,vous avez déjà dû, de guerre lasse, changer l'autre paire que vous mettez régulièrement à cette saison, à savoir celle qui est censée offrir une certaine résistance aux intempéries et vous éviter de vous donner l'impression de vous balader avec chaque pied dans un bain public. Vous n'aviez tout simplement pas le choix : c'était ça, ou colmater avec du carton. Fort heureusement, vous n'en aviez pas à disposition, ce qui en dit long sur votre flemme étrange et vos préoccupations pratiques. Vous avez donc bravé le seuil d'un de ces endroits si peu visités : les magasins de chaussures. A noter que quand vous étiez petit -probablement dès l'âge de la marche jusqu'à une douzaine d'années- l'épreuve du magasin de chaussures était pour vous une véritable torture. Pour vos parents, vos sœurs ou toute personne assez innocente pour vous y accompagner, c'était tout autant d'odyssées infernales. Encore aujourd'hui, vous êtes incapables de comprendre pourquoi il y avait en vous un tel dégoût inné, une telle haine primordiale des magasins de chaussure. Les autres vêtements ne vous amusaient pas beaucoup non plus, et rien ne vous ennuyait plus que d'essayer habit après habit dans une cabine d'essayage, mais tout palissant en comparaison de vos réactions au milieu des boîtes en carton renferment tout ces potentialités pédestres. Vous hurliez tandis qu'un adulte à bout vous traînait entre les rayons, passant par toutes les étapes allant de la colère à la supplication en passant par la haine et les menaces (le tout deux ou trois fois dans une série de montagnes russes émotionnelles généralement réservées au montage de meubles suédois), refusant de faciliter la moindre demande. Chaque nouvelle paire à essayer était comme une torture, on aurait cru de vous un condamné à l'inquisition, les grands sur le point de vous passer aux pieds de ces étranges outils barbares à base de leviers et de grosses visses. Et qu'on vous fasse essayer trois paires qui pour vous se ressemblaient toutes, et qu'on vous demande de marcher dans les allées pour voir (encore aujourd'hui, vous avez l'impression d'être un pingouin très emprunté lorsque vous vous dandinez pour le fameux test), et que ça hurle dans tous les sens et que, de guerre lasse, les deux partis finissent par abandonner à la paire qui donne ne serait-ce que vaguement une bonne impression. C'était bien le genre d'événement dont personne ne se réjouissait à la maison, et une telle sortie était alors toujours envisagée comme le fait d'aller à la guerre plutôt que de sortir faire des courses.

     

    Avec le temps, cette angoisse enfantine mâtinée de caprice qui l'était tout autant s'est plus ou moins résorbée. Vous ne vous sentez plus comme un démon dans une église quand la nécessité vous pousse à retrouver le chemin d'un magasin de chaussures. Aujourd'hui, vous vous y sentez plutôt décontenancé (à vrai dire votre état naturel dès votre seuil franchi), intimidé par les rayonnages qui se succèdent sur des piles et des piles de cartons, la musique en fond typique de ce genre de magasin, le côté aseptisé qui vous paraît presque hospitaliers, et les souvenirs tenaces de votre enfance qui persistent tout de même dans un recoin de votre crâne. Vous errez alors de chaussures en chaussures, terrifiés à l'idée qu'un vendeur ou une vendeuse vous demande si vous avez besoin d'aide (vos capacités d'interactions sociales avoisinant également celle du pingouin moyen dans de telles circonstances), essayant sans trop y croire une paire, puis deux. Dans les moins chères possibles bien sûr ; vous êtes capable de vous transformer en véritable harpagon dès qu'il s'agit de quelque chose du genre, transformant mentalement le prix de telle paire de chaussures ou même d'une nouvelle veste dont vous auriez bien besoin en autant de livres et de bons repas. Plutôt que de vous sentir parfaitement à l'aise dans vos baskets (ah ah), vous finissez inévitablement par vous rabattre sur la première paire où le dandinement donne le moindre résultat probant, tout en sachant pertinemment qu'un pied ne s'y sentira pas aussi à l'aise que l'autre, et que les lacets finiront par se découdre trois jours après (ce genre d'événement n'étant pas exclusif aux chaussures : quoi que vous achetiez, vous avez un talent certain pour que trois jours plus tard, l'objet donne l'impression de se léguer dans la famille depuis au moins trois générations. C'est hélas particulièrement vrai à propos de vos livres dès qu'ils sont plongés puis ressortis la première fois de votre sac).

     

    D'ailleurs, les lacets de cette paire de bottines achetée cet hiver, voilà que la semaine qui suivait leur achat ils se retrouvaient déjà pelé d'une couche sur le soulier droit, ce que vous aviez alors constaté avec l'acceptation résignée de celui qui a depuis longtemps réalisé que tout ce qu'il touchait finissait rapidement par se dégrader d'une manière aussi inévitable que la couche glaciaire. Alors maintenant, l'idée de tout recommencer pour aller changer de baskets, voilà qui vous enthousiaste fort moyennement. D'autant que vous les aimez bien, vos baskets ! Elles ont survécu à votre deuxième déménagement, ont plus d'année que doigts sur une main et en sont venus à mouler tellement parfaitement vos pieds (non pas à travers la qualité de leur marque et de leur confection, mais à travers la force brute de les porter quoi qu'il arrive et on verra bien ce que ça donne) que vous pouvez les y glisser comme les en ôter aussi facilement qu'on cligne des yeux ! Mais d'un autre côté, il va bien falloir que vous entendiez raison : il y a un stade où tout ça, ce n'est plus sérieux. Et puis vous ne seriez pas contre éviter ce qui s'était passé avec les baskets précédentes il y a bien des années : à savoir perdre le fond d'une chaussure là, au milieu du trottoir, le pauvre s'étant décollé dans un dernier sursaut d'agonie, ce qui avait rendu le retour relativement peu confortable.

     

    Alors il va bien falloir que vous preniez la décision, que vous fassiez quelque chose, que vous trouviez littéralement chaussure à votre pied, errant entres les rayonnages de la même façon qu'entre les comptes Tinder, espérant vaguement trouver quelque chose qui aille. Jusqu'à la prochaine fois. Et puis vous recomptez en livres, vous vous dites qu'il y a ce restau sympa à tester, et puis bon, ça peut bien attendre un peu, non ? Quand quelque chose va, autant le porter jusqu'au bout du bout, ce serait dommage de le jeter avant. Parfaitement. Voilà. C'en est même plein de bon sens. Vous y repenserez le jour où vous baisserez les yeux pour apercevoir vos orteils entre le rayon des produits laitiers et des surgelés dans le supermarché du coin.

     

    Et vous avez bien un trou à votre veste...

     

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    1. Vous ne verriez pas la mode même si elle se dressait soudain face à vous pour vous asséner des coups de sac sur la tête.

    2. Ainsi qu'à une étrange occurrence, dans le frigo.

    3. Légendaire au sens propre : on en parle beaucoup mais il n'existe pas.