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  • Toujours le vide

    Jour après le jour, le vide est là. Il est toujours là. Vous n'iriez pas jusqu'à dire qu'il l'a toujours été, mais vous ne vous rappelez plus vraiment une vie sans, une vie complète, de la même manière que vous ne vous rappelez plus d'une vie sans fatigue. Une fatigue qui s'ancre au plus profond de vous et qui vous donne l'impression d'étendre votre âme jusqu'à la faire craquer. Quel que soit la qualité ou la durée de votre sommeil, rien n'y fait. Vous vous couchez épuisé, vous vous réveillez crevé, que ce soit après six, huit ou dix heures de repos. Vous avez cru vous y habituer, mais il y a toujours des moments où ce poids vous entraîner un plus profondément dans les marasmes de votre vide intérieur, à la manière d'un poids dans le cœur. Ou d'un trou noir, qui lentement et sûrement effectue son travail d'entropie intérieure. C'est bien la seule constante, comme un vieux compagnon auquel vous n'avez tout d'abord pas accordé d'intention, et que maintenant vous remarquez à peine tellement il fait partie de vous. Mais comment le vide peut-il fait partie de quoi -de qui- que ce soit ? Vous n'en savez rien, c'est comme ça. C'est l'absence qui vous définit plutôt que la présence. C'est ce manque insoluble que vous êtes incapable de définir.

     

    Vous aimeriez bien avoir une passion, un « calling » comme le disent les anglophones : quelque chose qui vous appelle, quelque chose qui vous motive, quelque chose qui vous pousse. Quoi qu'il arrive, même quand les temps sont durs. Quelque chose qui vaille la peine de se battre. Un rêve. Un besoin d'accomplir son œuvre, sa tâche, son but. Vous enviez les gens qui ont ce moteur : qu'il soit artistique, scientifique ou même ludique. Celles et ceux qui savent ce qu'ils veulent accomplir, qui en éprouvent le besoin. Parce que vous avez beau vous creuser la tête, vous ne trouvez rien. Écrire ? Vous aimez bien ça, mais cela vous épuise, et ce n'est pas un besoin impérieux. Vous n'écrivez pas pour vivre, vous pouvez vous en passer. Un métier de vos rêves, une passion inassouvie que vous accompliriez avec plaisir si vous en aviez l'occasion ? Non. Même pas. Même lorsque vous vous demandez qu'est-ce que vous feriez si vous aviez tous les moyens à dispositions, aussi bien mentaux que physique et financiers...et bien il n'y a rien. Des choses que vous aimez faire, mais aucune d'elles que vous avez besoin de faire, qui vous guident. Pas le moindre rêve le plus fou. Que le vide.

     

    Les journées se passent et se ressemblent, à un vitesse folle qui vous donne le tournis, sans que vous ayez pourtant la moindre impression d'avancer pour autant. Vous vous êtes mis au sport, deux fois par semaine, dans un rare élan de motivation. Vous vous y tenez depuis plusieurs mois, mais ce n'est déjà plus qu'une habitude plutôt qu'un plaisir ou un apport, parce qu'il faut bien bouger et que cela vous fatigue plus d'arrêter que de continuer. La répétition des tâches du quotidien vous mine : parfois, vous avez envie de pleurer à la seule idée de devoir vous rebrosser les dents une énième fois. Vous perdez de plus en plus le goût de vous faire réellement à manger, mitonnez de moins en moins de repas même classiques pour vous contenter de ce qui sera le plus simple, le plus rapide. Chaque lundi matin, vous faites votre ménage, comme toujours depuis des années. Un de vos rares points de repères, et ça aussi c'est de plus en plus dur. Vous n'avez pas d'idées noires, c'est une consolation à laquelle vous vous raccrochez : même vide, la vie vous importe trop.

     

    Vous n'avez jamais vraiment su qui vous êtes. Vous n'arrivez pas à le trouver. Que le vide qui s'agite en vous. Ou alors, c'est vous qui flottez au milieu du vide, et c'est le vide qui erre à travers chaque journée en portant votre peau comme un costume qui n'ira jamais tout à fait. Vous continuez de lire, de regardez des séries, de vous perdre dans les histoires. Vous vous réfugiez dans les jeux vidéos, familiers et vous permettant d'arpenter l'espace de quelques heures une autre vie. Même lorsque vous appréciez vos loisirs, le vide est à côté de vous tandis que vous tournez les pages ou que vous prenez la manette. Il prend plus de place sur le canapé qu'une famille de dinosaures.

     

    Quand vous étiez gamin, vous vouliez être paléontologue. Vous vouliez jouer du tambour. Avoir une moustache (aujourd'hui vous jurez que jamais on ne vous y reprendra avec juste une moustache, vous avez vos limites). Écrire des livres. Plus tard, jusqu'à il y a quelques années, vous aviez toujours des projets : quelque chose à écrire, qu'il s'agisse d'une histoire, de scénarios de jeux de rôles, de création d'univers... Vous ne finissiez jamais, mais ce n'était pas l'important : ce qui comptait, c'était de commencer, c'était de s'y mettre, c'était de créer, c'était de combler le vide. Sauf que le vide dévore, et qu'à le nourrir on ne sait plus quoi lui donner. Qu'est-ce qu'il vous reste ? Vous avez lu il y a peu le livre de jeu de rôles de Dragon Age, plein d'enthousiasme. Vous avez écrit trois paragraphes dans le but de commencer quelque chose, mais il n'y a déjà plus que le vide.

     

    Vous ne savez plus quoi dire, quand vous vous retrouvez seul avec quelqu'un. Vous n'avez plus rien à dire, en fait. Vous donnez le change en groupe, c'est plus facile. En tête à tête, l'effort vous demande de plus en plus. Qu'avez-vous à dire de plus, de nouveau, d'intéressant ? Et la fatigue, toujours présente, toujours écrasante. Même entouré, vous vous sentez parfois tellement seul que vous en avez honte ; honte car vous êtes plus que bien entouré et vous ne savez pas comment le rendre. Vous ne savez plus. Vous vous sentez comme un fantôme, un esprit décalé avec la réalité, dévoré d'une faim terrible pour cette dernière, pour en profiter, pour s'y attaquer à pleines dents. Sans vraiment réussi à trouver de prise.

     

    Vous ne savez plus trop quoi faire, vous vous contentez juste de continuer. Toujours un peu plus loin dans la vide.

  • Star vs the Forces of Evil

    Un petit essai de présentation de série!

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    Ces dernières années, le monde de l'animation occidentale expérimente une sorte de renaissance. De « Avatar : Last Airbender/Legend of Korra » à « Gravity Falls » en passant par « Steven Universe », cette nouvelle vague fait la part belle aux imaginaires délurés, aux univers uniques et travaillés, et aux personnages réussis. Pourquoi un tel succès? Parce qu'ils n'hésitent pas à prendre leur public cible -les enfants- pour un public sérieux, et capable d'encaisser tout autant que les adultes, bien que présentés un peu différemment. Et c'est pour parler d'une de mes dernières découvertes dans les séries animées en cours que cette introduction plante le décors : « Star vs. The Forces of Evil ».

     

    Série américaine créée par Daron Nefcy en 2015, elle nous narre les péripéties de l'éponyme Star Butterfly, princesse du royaume de Mewni, monde parallèle au nôtre. Et c'est en premier lieu avec son héroïne que la série réussit à s'imposer. Star est une jeune fille pleine de vie, dont l'entrée dans l'adolescence ne se fait pas sans heurts. Dotée d'un positivisme absolu et d'une énergie sans limite, elle fait preuve de tout un assortiment de qualités, assumant aussi bien les plus « girly » que les plus « bourrines », sans qu'un jugement de valeurs ou une classification inutile ne soit jamais de rigueur. Elle se contente d'être, tout simplement. Aimant autant les cupcakes et les licornes que les épées et la chasse aux monstres, elle fonce toujours tête la première face au danger, et à bien de la peine à assumer toutes les responsabilités qu'on attend d'une future reine. C'est au fil des épisodes et des saisons qu'elle va gagner en maturité, apprenant à concilier ses intérêts et ses désirs sans jamais les renier, et en étant toujours fidèle à sa ligne de conduite.

     

    Afin de lui permettre d'en apprendre plus sur le vaste multivers -et pour avoir la paix- ses parents l'envoient en échange scolaire sur notre Terre, ce qui marque le début de la première saison. Elle y fera rapidement la connaissance du jeune terrien Marco, un garçon qui lui aussi mélange les traits de caractéristiques souvent genrés dans les séries animées (et même ailleurs) sans complexe. Sensible et un peu névrosé, il aime tout autant s'assurer que chaque chose est à sa place que de se lancer au combat, fort de ses leçons de karaté. L'amitié entre Star et lui est l'élément émotionnel central de la série. Regarder ces deux personnages naviguer les affres de leur adolescence naissante avec intelligence, franchise et une camaraderie inébranlable serait une raison suffisante pour donner une chance à cette série.

     

    Mais cela ne s'arrête pas là ! Non content de proposer son lot d'actions et de mondes merveilleux, uniques et parfois étranges, « Star vs The Forces of Evil » transcende son schéma de base, comme « Gravity Falls » ou « Steven Universe » avant elle. Au-delà d'une histoire de magical girl qui aurait pu se contenter de bien plus de simplicité et jouer la sécurité, la série se crée très vite une identité propre, et un ton bien à elle. L'humour y est rapide et bien pensé, aussi bien visuel que dans ses dialogues, et il y a souvent de quoi rire aux éclats devant les écrans, et ce quel que soit son âge. Le rythme est effréné, aidé en cela par des épisodes de dix minutes, mais ses scénaristes n'oublient pas de prendre le temps de poser les bases d'un univers qui ne cesse de s'étoffer et de se développer au fil des saisons. Qu'il s'agisse de leurs aventures sur Terre, à Mewni ou ailleurs, Star et Marco croiseront le chemin d'un grand nombre de persos récurrents et attachants, aussi bien parmi leurs alliés que leurs ennemis. Et plus les saisons avancent, plus l'histoire se concentre dans une narration suivie sur la durée, permettant des développements de plus en plus intéressants. Le spectateur est invité à faire attention au moindre détail, la plupart resservant par la suite dans un rôle parfois majeur, et l'on se plaît à tenter de reconstituer les mystères qui nous sont présentés.

     

    Qu'il s'agisse de creuser en profondeur l'amitié, les premiers crushs, les responsabilités et le clash parents-enfants sur ces dernières, la série n'oublie jamais d'être sincère et candide, offrant des moments vrais et touchants. Et si le titre indique une lutte entre le bien et le mal, les limites deviennent de plus en plus flue, au fur et à mesure que Star découvre que les monstres cachent parfois bien plus de profondeur qu'on ne le croirait, et que son royaume est loin d'être tout blanc. Cette approche de la moralité et de sa flexibilité agit comme une véritable bouffée d'air frais, présentant des dilemmes -puis des solutions- qui ont le mérite d'être souvent complexes et terriblement bien mis en scène. De plus, les acteurs qui se cachent derrière les voix des personnages sont talentueux et les font vivre à merveille, qu'il s'agisse d'Eden Sher dans le rôle de Star, ou d'Alan Tudyk dans plusieurs rôles, dont celui de Ludo, premier adversaire des héros qui va lui aussi connaître son lots de tribulations et évoluer pour devenir plus qu'un simple méchant.

     

    Bref, que vous aimiez les séries flashy et pleine d'énergie et de couleurs, les histoires et les personnages développées sur la durée, les enjeux plus subtils qu'on ne pourrait le croire de prime abord ou le tout à la fois, vous ne perdrez pas votre temps en donnant une chance à cette série ! Les premiers épisodes ne sont peut-être pas les plus impressionnants, prenant le temps de poser le décors et les personnages, mais ne manqueront pas de rapidement décoller ! La quatrième saison s'est terminée le 8 avril, et une quatrième est prévue pour courant 2018 et, franchement, il serait dommage de passer à côté sans s'y essayer !

  • Le vide

    Quand vous vous réveillez le matin, vous n'êtes jamais seul. Et vous ne parler du malicieux farfadet invisible qui doit sans aucun doute éteindre votre réveil avant même que les notes ne parviennent jusqu'à votre cerveau endormir (1). Non, quand vous vous levez, le vide se lève avec vous. Il se déplace sans bruit dans votre sillage, ne réagit pas quand vous vous cognez inévitablement la cheville au coin du lit, et vous suis jusqu'à la salle de bain, où il vous regarder vous brosser les dents. Il fait ça très bien, le coup du regard perçant, surtout pour une entité fantasmagorique, qui ne sont pas réputées pour être dotées d'un système visuel. C'est un peu comme si c'était la peinture qui séchait qui vous regardait vous, mais en moins passionnant. Et pour vous, il y a peu de choses moins passionnantes que le brossage de dents. En-haut, en-bas, frotti, frotta, et rebelote, dans l'autre sens des fois que vos réflexes matinaux vous le permettent. C'est franchement déprimant en fait, le brossage de dents. Tâche répétitive de l'existence, comme passer la poussière sur le haut des meubles ou regarder le nouvel épisode de The Big Bang Theory. De toute façon, les dents finiront bien par tomber en rade, comme le reste de votre corps. C'est un truc typique du vide ça : après tout, s'il sait bien une chose, c'est qu'il n'y a que lui, et qu'on y reviendra toujours. Le reste, c'est du...pinaillage, comme arrive au cinéma cinq minutes après la fin du films et savoir qu'il n'y a pas de scène post-générique(2).

     

    Après, il faut bien s'habiller, parce qu'il est communément admis qu'on ne se déplace pas nu comme un ver toute la journée, surtout si l'on sort de chez soi. Alors vous enfilez des vêtements, et le vide...vous enfile, vous.(3) Vous avez l'impression d'être le costume coincé à la va-vite sur une forme aussi indéfinissable qu'indescriptibles (ce qui n'est pas forcément la même chose). Intérieurement, vous vous sentez dodeliner de la tête comme l'une de ces petites figurines qui inondent une partie de moins en moins négligeable de votre petit appartement. Parfois, vous arrivez à prendre sur vous, à expulser le vide, à réintroduire votre enveloppe corporelle. Mais le vide, lui, est toujours là. Vous l'imaginez sous la forme d'un ballon qui flotte derrière vous, votre main sur la ficelle, prise entre deux feus : le lâcher, et n'être plus rien sans ce qui définit le peu que vous savez de votre identité...ou vous envoler avec, et n'être plus rien aussi. La différence est minime, mais au moins, vous posez la question vous rappelle qu'au milieu de tout ça, il y a encore cette part de conscience qui n'est autre que vous, bien vivante.

     

    Un masque, que vous voyez dans votre miroir (enfin pas très bien, vous ne le nettoyez pas souvent, et puis vous n'avez jamais appris à le faire sans laisser de traces), que vous voyez sur les photos. Des photos où vous avez l'impression d'être un collage qu'on y aurait rajouté à la dernière minute, pour mieux correspondre avec ce décalage quasi permanent que vous vivez avec la réalité. Vous êtes là, mais vous n'êtes jamais vraiment...là. Comme en dédoublé, à observer le vide dans son déguisement d'humain, tandis que l'humain en question se retrouve déphasé d'un point de vue perspective. C'est comme se voir soi-même, tout en n'arrivant pas à se reconnaître, et ce parce qu'on n'arrive pas à savoir qu'il l'on est. Vous êtes un chat de Schrödinger perpétuel. C'est probablement quantique, on revient toujours au quantique, d'une manière ou d'une autre. Ce qui énerve souvent ceux qui ne comprennent pas grand chose au quantique, ou qui ont en simplement marre de voir se mot utilisé partout. Vous, vous ne comprenez pas forcément grand chose au quantique, mais cela ne vous ennuie pas. Après tout, quantique ou pas, il y a toujours le vide.

     

    En ce moment, vous pensez beaucoup à la signification de la vie. Avoir la moitié du temps l'impression que vous ne la pilotez pas vraiment laisse du temps pour y réfléchir, de manière parfaitement détachée. Certes, vous vivez, jour après jour, et il y a même des bons jours. Certes, il y a même des jours qui valent carrément la peine d'être vécus, qui vous permettent de regarder le vide dans les yeux (ou ce qui en tient lieu, cela revient un peu à faire un concours de regard avec un bouton de porte, du genre à faire plisser les yeux d'un air bête et faire couler des larmes enflammées)et de lui dire : pas aujourd'hui. Le vide hausse alors ses métaphoriques épaules, en profite pour aller faire un petit tour, et sait pertinemment que votre esprit agité finira bien par le retrouver avant même d'avoir commencé le chercher. Le vide est toujours là, le vide est en vous. Ce vide qui cherche désespérément à se nourrir : de chaleur humaine, de contact, de rires, de larmes, de donuts au caramel au beurre salé, de livres, de films, de jeux et de séries. De vous, qui doit bien se trouver quelque part au milieu de tout ça : la personne que vous rêvez d'être, mais non pas la personne idéalisée, juste...et bien, savoir qui vous êtes. Autre que le vide.

     

    Et puis vous vous méfiez des rêves. Vous préférez les cauchemars. En sait à quoi s'en tenir avec eux : à leur manière, ils sont directs, même si souvent tarabiscotés. Quand vous vous réveillez, vous savez que ce ne sont que des cauchemars. Qu'ils ne sont plus là. Qu'ils n'existent plus. Ce sont des rêves dont vous avez peur. Les plus beaux, ceux desquels c'est un supplice de se réveiller pour se confronter d'un coup sec à une réalité sans eux. Le rêve heureux d'avoir enfin trouvé la bonne personne, celle qui vous complète, le sentiment de plénitude. Le rêve où quelqu'un vous tend votre nouveau-né dans les mains, et où vous êtes saisi d'une émotion indescriptible parce qu'au réveil, vous savez que ça n'arrivera jamais. Le rêve où vous êtes vous, vraiment vous ; ou vous pouvez regarder le vide et ne plus avoir peur, parce qu'à la place du vide, vous voyez des étoiles, et une place dans l'univers, celui dont vous pourrez faire partie. Mais au réveil, il y a toujours le vide. Il se glisse sous la couette avec vous le soir, se lève avec vous le matin, vous accompagne tout au long de votre journée, et vous devenez le masque, vous donnez le change au mieux, et vous profitez des bons moments. Les meilleures jours, vous arrivez même à en profiter pour de vrai, à vous sentir vraiment là, connecté avec les gens que vous aimez plutôt que d'être continuellement déphasé. Avec le masque le plus pernicieux qui soit : le masque du sourire.

     

    Avant vous, il y avait le vide. Après vous, il y aura le vide. Enfin, il y avait le monde avant vous, et l'univers qui va avec, et ils ne vont techniquement pas disparaître à votre mort, mais pour votre égoïste existence, c'est tout comme. Parce que plus vous y pensez, plus pour vous, on vient du vide pour retourner au vide. Chaque instant peut être le dernier, et parfois, vous ne savez plus comment en profiter face à un tel destin. Le vide, vous le connaissez depuis le début de l'adolescence, il ne vous a jamais quitté vraiment depuis. C'est votre constante. Le vide au début, le vide à la fin...et au milieu, un bref rêve, un beau rêve, vous en convenez. Vous voulez l'aimer, ce rêve. Vous voulez y croire. Qu'il compte plus que tout. Parfois, vous ne savez pas si vous en êtes capables. Parfois, vous vous demandez si vous n'allez pas arpenter jusqu'au bout le rêve avec le vide dans le cœur.

     

    Parfois, pourtant, il se produite une étincelle. Vous ouvrez les yeux, vous êtes vraiment là, vous êtes vraiment vous, le sourire est vrai, et vous chérissez ceux qu'on vous renvoie en retour. Alors vous prenez la main du vide dans la vôtre, sans regarder en arrière, en essayant surtout de ne pas regarder en avant. Petit à petit, vous faites un pas après l'autre. Le vide est toujours là, et il le sera sans doute toujours, en ce qui vous concerne.

     

    Et au milieu, le rêve.

     

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    (1) Mais si, le fameux farfadet invisible ! Il y en a un au moins dans chaque maisonnée : il faut bien que quelqu'un éteigne le réveil, cache le dernier rouleau de papier toilette alors qu'on était persuadé qu'il en restait un, coince les pinces à spaghettis dans le tiroir et fasse disparaître une chaussettes de temps en temps.

    (2) Le tout avec un paquet de popcorns mous, sans aucun doute l'un des plus grands fléaux auquel l'humanité est confrontée.

    (3) Rien de sexuel là-dedans. (4)

    (4) D'autant qu'il tire à vide, de toute façon.