11.11.2011
Celle qui ne se vidait jamais
Et oui, vous ne rêvez pas braves gens, une nouvelle historiette, de la fameuse série des... ben, des historiettes! Ca faisait longtemps!^^ Basée sur un fait réel et mystérieux, souvent rencontré dans les restaurants asiatiques...
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Vous adorez manger asiatique. Vraiment. Depuis votre découverte de cette cuisine si riche et variée, aux saveurs toujours surprenantes, vous grommelez lorsque vous êtes obligé de manger autre chose. Comme lorsque votre ami Kevin vous force à venir avec lui s’attabler devant le comptoir d’un des restaurants « remise en forme » qu’il adore, où vous vous retrouvez à brouter de la salade (sans sauce) debout au bar (sans tabouret). Et à boire ces horribles smoothies aux fruits, censément si bon pour la santé alors qu’ils ont failli vous coûter la vôtre au moins une fois suite à un désastreux cas d’allergie grave à la papaye. Depuis, vous évitez coûte que coûte ce fruit maudit –ce qui n’est pas spécialement difficile, certes- et préférez les raviolis aux crevettes à ceux en épinards et sans croûte (ce qui représente néanmoins un certain tour de force dans l’art du ravioli qui vous sidère). Non, vous, c’est définitif, vous préférez rester en-dehors de tout restaurant trop sain comme ceux de Kevin, ou trop lourds comme la plupart des endroits dits « tradition » qui cuisinent joyeusement dans l’huile et le beurre. Ce n’est donc pas par attrait particulier des mystères des millénaires et riches cultures asiatiques que vous fréquentez les restaurants de leurs dépositaires ; non, la raison est bien plus terre-à-terre : ça a bon goût. Voilà tout. Fort heureusement, votre manie à sélectionner les bistrots par la disposition ou non de caractères tordus et étranges sur leurs enseignes est quelque chose que vous partagez avec l’être aimé, que vous avez très rapidement converti. Ce qui ne l’empêche pas d’aller parfois manger de monstrueux steak frites de son côté sans jamais prendre un gramme, comme on le sait.
Bref, voilà qui explique votre présence à une table de votre petit restau asiatique préféré, celui de l’autre côté de votre rue qui a ouvert il y a quatre ans, deux mois, une semaine et 4 jours et que vous fréquentez assidûment depuis le premier jour d’ouverture. Vous y êtes devenu un tel habitué que le personnel de l’établissement vous appelle par votre prénom, vous garde toujours le même coin de table et vous demande où vous êtes dans l’écriture de vos histoires. Certains suggèrent même quelques idées par-ci par-là, comme un sympathique ado embauché en extra qui ne manque jamais de répéter que, quelle que soit l’histoire, « c’est toujours mieux avec un dragon ! ». Un principe auquel vous êtes assez d’accord, même si vous vous demandez toujours comment intégrer un flamboyant dragon dans un récit moderne à base d’intrigue technologique se passant dans une grande ville du coin (très pratique pour vos repérages et, si le succès suit, ne pas oublier de penser à demander des droits à l’office du tourisme pour les futures visites provoquées par vos quelques pages. Parfaitement.). Et voilà qui y explique précisément votre présence ce soir-là, en compagnie de celle que vous aimez, de votre éditeur et de sa dernière femme. Oui, le fameux éditeur qui habite à la campagne loin de tout et vous force à passer de longues heures dans le train lorsqu’il a besoin de vous voir en personne. Ce qui vous fait principalement râler pour le principe, parce qu’il y a toujours de l’excellent bourbon au coin de sa cheminée, que sa collection de guidons de vélos de toutes les âges et de tous les pays ne manque pas de vous fasciner et que vous avez même réussi à apprécier l’énorme boxer qui vient amoureusement baver sur vos genoux à chacune de vos visites. Ce qui vous a plus d’une fois pousser, les jours suivants, à devoir aller vous acheter une nouvelle paire de pantalons, provoquant en vous tout le déchaînement émotionnel d’une bête visite au rayon fringues, on le sait aussi. Mais ce soir est l’un des rares où votre cher éditeur à le besoin de se rendre en ville pour régler quelques affaires, et vous avez proposé de se retrouver tous ensemble pour un petit repas détendu dans votre restau favori du quartier. Et si votre patron fréquente régulièrement les établissements de la haute et grande cuisine, il a néanmoins été charmé de l’idée, lui qui a passé la plus grande partie de sa vie à voyager aux quatre coins du monde dans des conditions plutôt précaires et à manger ce qu’il pouvait où il pouvait. Cela ne fait que quelques années qu’il a posé ses valises et sa vieille machine à écrire pour se retirer à la campagne et éditer les livres des autres. Cela va sans dire que chacune de vos rencontres est remplie d’anecdotes aussi fascinantes que pittoresques qui pourraient remplir une collection de la Pléiade si l’homme se décidait un jour à publier ses mémoires. Et c’est cet homme avisé et expérimenté qui avait décelé en vous un gramme de talent et vous avait offert les portes de ce métier que vous adorez (quand il ne vous rend pas plus fou que vous ne l’êtes déjà ; le métier, pas l’éditeur). Vous adorez cet homme, qui est un peu pour vous le grand-père aventureux et fantastique que vous n’avez jamais eu. Votre compagne –généralement barbée par tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à un dîner d’affaires- s’est tout autant entichée de l’homme, et ce n’est pas la première fois que vous avez l’occasion d’être ainsi réunis. Quant à la dernière épouse en date de votre éditeur, une ancienne journaliste, elle se révèle d’agréable compagnie malgré la teinture rouge vif de ses cheveux qui manque de vous aveugler entre les raviolis au porcs et les chips aux crevettes. A passé soixante ans, votre éditeur a toujours cru en l’amour et au mariage, tout en rajoutant que comme avec le Père Noël, ce n’est pas parce qu’on y croit que ça fonctionne vraiment. Après un premier divorce d’une femme qui le rendait fou d’amour et fou tout court, il avait fini par rencontré une jeune d’à peine trente ans quand il en avait cinquante-sept, espérant qu’elle survivrait à sa mère à lui, pour qui critiquer les choix de son aventureux de fils était le principal passe-temps. Mais rien ne fonctionna comme prévu. Sa jeune épouse mourut d’un crise cardiaque six mois après le mariage (et cinq jours après avoir passé un week-end avec son mari et sa belle-mère) et à ce jour, la mère de votre éditeur va bientôt passer centenaire et se porte comme un charme. Enfin, après quelques années passées en compagnie de la première femme, revenue pour un tour, votre boss et ami avait fini par se poser avec sa dernière rencontre, celle qui mange avec vous aujourd’hui dans ce petit restau de quartier.
Et toute la soirée ne pouvait que continuer à se passer à merveille… si vous n’aviez pas fait l’erreur de commander pour vous un thé de jasmin. Vous adorez le thé plus encore que la nourriture, c’est dire, mais vous vous faites généralement un point d’honneur à ne jamais en commander lors de vos très nombreuses escapades dans les restaurants asiatiques. Pour une raison à la fois simple et emplie de mystères ancestraux (voilà où ils les cachaient !) : quel que soit le restaurant asiatique, lorsque vous commandez une théière de jasmin, elle ne se vide plus. Jamais. C’est comme une sorte de bénédiction mêlée de malédiction, un phénomène inexplicable de physique, de la magie sortie tout droit d’un dessin animé de Merlin l’Enchanteur… Et pourtant, de temps en temps, quand la compagnie est bonne et que vous pensez à autre chose, vous vous laissez avoir. Et vous commandez une théière de thé de jasmin. Et malgré votre expérience en la matière, votre amour de cette boisson et un certain optimisme conférant au désespoir, vous pensez que cette fois, ce sera différent. Après tout, ces théières traditionnelles sont si petites, ce n’est pas comme si elles pouvaient contenir de quoi remplir le grand aquarium qui fuit de votre voisin Michel ? Et bien si. Ainsi que deux autres aquariums de secours et le bassin d’un orque dans un parc marin. C’est à n’y rien comprendre : vous remplissez l’une après l’autres les minuscules tasses de rigueur, et si le breuvage est délicieux, il commence aussi à vous remplir plus que nécessaire. A peine avez-vous avalé une tasse que vous vous dites que cette fois-ci, ce sont les dernières… que vous vous retrouvez, trois tasses plus tard, sans avoir aperçu ne serait-ce que la première de ces foutues dernières gouttes !Ce qui explique pourquoi vous vous sentez un peu perdu dans la conversation lorsque vous revenez pour la sixième fois des toilettes en moins d’une heure.
« C’est un fait, les ornithorynques sont indiscutablement ceux qui ont le plus à perdre dans cette histoire ! » lance votre éditeur d’une voix forte tandis que vous essayez de reprendre discrètement place, un brin gêné.
« Assurément ! » acquiesce la femme de votre vie. « C’est un problème ! »
Et là, inévitablement, tous les regards se portent sur vous, alors que vous venez de vous remplir la bouches de nouilles chinoises avant qu’elles ne refroidissent. Vous déglutissez péniblement, l’air un peu hagard, ne sachant pas trop que dire. Lors de votre dernier départ précipité au petit coin, la conversation portait sur les conditions des travailleurs dans les fabriques textiles d’Amérique du Sud. Et alors que vous plissez le front, cherchant à faire le lien entre les textiles sud-américains et les ornithorynque ou, du moins, ce qui aura fait changer le sujet, voilà que vous vous remplissez machinalement une nouvelle tasse de thé et que vous l’avalez, manquant vous brûler la langue à un degré trop élevé pour être chiffré. Car en plus de ne jamais se vider, ces théières ont la propriété de garder le thé bouillant comme au premier jour. Aussi, la réponse que vous ânonnez d’une voix rendue pâteuse par la brûlure ne semble pas particulièrement satisfaire vos interlocuteurs. Qui ont commandé du vin, eux.
Non, vous êtes véritablement face à un mystère qui vous agace autant qu’il vous fascine. Ces théières semblent reprendre ce vieux principe de fiction qui induit un contenu plus grand que le contenant, un peu comme ces maisons de contes plus grandes à l’intérieur qu’à l’extérieur. Comme si tout le thé du monde, celui déjà fait dans le passé, fait en ce moment même et à faire se retrouvait concentré dans votre minuscule théière. Et, suite logique, dans votre minuscule vessie, dont la patience moyenne équivaut grosso modo à celle d’un enfant de quatre ans interactif (inutile de dire que la disparition des entractes au cinéma n’a pas manqué de vous causer quelques problèmes. Voilà pourquoi vous refusez de boire quoi que ce soit deux heures avant la séance, vous asseyez devant le film la bouche sèche, et courrez malgré tout aux toilettes après le générique d’ouverture). Plus d’une fois, persuadé que la théière tirait ses dernières gouttes, vous avez rempli votre tasse à ras-bord, vous aspergeant les doigts de liquides bouillants et inondant la sous-tasse. C’est un fait inexplicable, une sorte de légende urbaine qui vous poursuit dans tous les restaurants de ce type où vous mettez le pieds et vous poussant à vous demandez si toutes ces théières n’ont pas été enchantée par d’ancestrales et puissantes arcanes taoïstes (en vous demandant également pourquoi des taoïstes se seraient embêté à ça ; allez savoir…).
Mais, tandis que vous revenez d’une nouvelle visite éclair aux toilettes et que le parallèle entre les ornithorynques et ce qui est maintenant le sujet –les koalas, peluches ou bêtes vicieuses ?- vous semble plus pertinent car au moins sur le même continent, vous persistez dans votre masochisme inconscient en vous servant… miracle, ce qui semble être la fin du pot sans fond ! Le flot se tarit sous vos yeux, et sans doute que lors de la prochaine tasse, cela ne sera plus que quelques gouttes qui viendront s’écraser tristement au fond de la porcelaine… Vous avalez cette tasse, vous tournez avec un grand sourire pour répondre à quelques questions de la femme de votre éditeur, et reprenez la fameuse théière pour la voir crachoter ses dernières réserves… Et inondez carrément la moitié de la table dans un geste un peu trop empressé, brûlant votre main et noyant des vermicelles tandis que, bouche bée, vous vous demandez depuis quand le thé est sujet à la reproduction spontanée. Votre serveuse ne peut retenir un rire, mi-amusé mi-gêné, avant de dire :
« Je venais de la remplir. Cadeau de la maison. »
Quelque chose vous dit que la soirée ne fait encore que commencer…
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28.10.2011
The Lizard on the Turtle
So, I was visiting an aquarium in Seoul the other day, and there were also turtles and lizards (and hedgehogs, beavers, prairie's dogs and other flying squirrels. Korean people have an idea of aquarium that is full of surprises). And in one vivarium, there was a lizard on a turtle. And one of the people I was visiting with (Anna, a russian girl I've met in Korea)said:"Hey, you should write a novel about that!". So, later in the day this idea someway grew in me and I wrote something about that. Obviously not a novel, but a very short story. And in english, for the exercice of it and because I spend more time speaking, hearing and reading english these days than ever. And because I wanted that the person who gave me the idea could read it. Ah, and since the last story I'v written in english was in highschool, I apologize in advance for my bad written english. So, no more talking, here's the Lizard on the turtle!
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Je visitais un aquarium a Seoul l'autre jour (ou je suis encore, ce qui explique le manque d'accents sur ce texte, ce clavier etranger en etant depourvu), et il y avait aussi des tortues et des lezards (et des castors, des herissons, des chiens de prairie et autres ecureuils volants: comme quoi, les coreens ont une definition de l'aquarium pleine de surprises). Dans l'un de ces vivariums, il y avait un lezard sur une tortue. Et une des personnes avec qui j'etais (Anna, une russe rencontree en Coree) m' a dit: "Tiens, tu devrais ecrire un roman la-dessus!". Plus tard dans la journee, cette idee avait fait son chemin et, amuse par l'exercice, j'ai fini par ecrire quelque chose. Bien sur, pas un roman mais une petite histoire. Et en anglais pour l'exercice, et parce que je lis, parles et entends plus d'anglais ces jours que jamais. Je m'excuse d'ailleurs d'avance pour mon anglais ecrit sans doute bien mauvais: je ne crois pas avoir ecrit d'histoire en anglais depuis le lycee... Mais plus de blabla, place au Lezard sur la Tortue!
Et non, je n' ai pas traduit l'histoire en francais, parce que j'ai la flemme, parce que ces claviers n'ont pas d'acccents et parce que, je ne sais pas, c'est un vendredi et que je n'aime pas traduire les vendredi. Navre.
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THE LIZARD ON THE TURTLE
There was nothing in the desert, only the sound of silence. And there were only a few things louder than silence. The lack of noise was so strong it filled you completely, until it made your heart pump blood so hard it was noise to your ears again. That’s all that was in the desert: the sound of your heart, and the loneliness within. There was a lot of loneliness in the desert. And sand of course, sand everywhere. Easy, to feel alone in a sea of sand. Silence, sand and heat. A heat so powerful it was amazing it didn’t turn the sand to glass. In a few worlds, not really a lovely place to live. But life there was between the sand grains. A fierce and ruthless life, accustomed to the toughness of the place. There were snakes as pale as the moon under the sand, and eagles and vultures flying above it. And bugs and reptiles, all looking to prey on each other, all looking for shadows and water. And all were silent.
Well, except for the lizard and the turtle.
“Y’know, I think the sun is closer today.” said the lizard. His skin between green and brown, he had a tail as long as his body and was as usual resting on the shell of the turtle, his legs swinging with laziness. An elegant crest crowned his little head, and he looked like a little king on his moving throne.
“How can you say that?” said the turtle, with a grumbly voice. Old he was, mixed wrinkles under the large shell. A big shell it was, robust and tough. “The sun is the sun. It ain’t move.”
“You couldn’t know. Y’never look up.”
“’cause I’ve to look where I put my feet. Wouldn’t walk on a snake or something like that.”
“Asnake? Where? Run!”
“I’m a turtle, you idiot!”
The lizard, who had raised his head in fear, let it fell softly on the shell.
“Don’t you joke about snakes!”
“I never joke.”
“I know. You’re grumpy.”
“I’ve a dumb lizard on my back, of course I’m grumpy!”
“Hey, I’m not dumb! Just a little slow, that’s all. That was what my ma’ always said.” He stopped to think a little, and added: “But she was eaten by a half-blind desert’s dog, so I can’t exactly said she was a good example.”
“A pity he didn’t eat you instead.”
“Couldn’t see me: I was stuck under a rock.”
“The apple didn’t fell far from the three, I see.”
“Apples? Where?”
The lizard rose his head again, this time with hunger. The turtle rolled his eyes with annoyance, and didn’t answer to that. The lizard went on with his idea, like usual:
“I like them big and round and red. So juiciy! Don’t you ike them?”
“I will eat lizard tonight if you don’t shut up!”
“All right, all right grumpy!”
There was silence again. But the turtle knew it wouldn’t last. Still moving, he was counting in his head. At eight, the high-pitched voice of the lizard rose again:
“You hurt my feelings. Did you know you hurt my feelings?”
“And what about mine?”
“You don’t have any. You threatened to eat me!”
“Oh god!” sighed the turtle with exasperation. “I won’t eat you. You’re to skinny, anyway.”
“That’s was my ma’ always said also. And thanks, it means a lot! What turtles eat, anyway?”
“Lettuce.” Answered the turtle without hesitation. “We turtles like a big mean lettuce. Green and clean, washed of the bugs.”
“Erk! Salad! The best thing about it ARE the bugs!”
“I’ll tell you what: if we find a lettuce, you can keep the bugs. Deal?”
“Deal. You’re a good friend.”
“Psh! Don’t say that out loud, dumbass!”
“Why? Afraid of other beasts learning about the big, softy heart you hide under that shell?”
“I’ve a reputation.”
“You big softy!”
“Oh, shut up.”
“One thing isn’t soft for sure, and it’s your shell. So hard! And it itches. I’ve fragile skin, my ma’ always told me.”
“So walk. You think I like having you on my back? I’m not a friggin’ cab!”
“I’m not so heavy. And you love the company!”
“You’re not heavy, but god are you annoying!”
But the lizard was right, and the turtle knew it. An annoying lizard was better than silence. When you were alone in the desert, you were safer. Nobody to distract you. Nobody to steal your food. Nobody to deceive you and hurt you. On your one, you were safe. But the turtle lived long enough to know that safe wasn’t worth a life of loneliness. He would never say that to the lizard of course, because the little guy would never shut up about that. But it was a fact. So the turtle let him on his shell. Because in the desert of life, two was someway better than one.
“So, you were telling me about apples?” adked the lizard.
Well, it was better MOST of the time.
“You lied again?” continued the lizard. “Not cool! I want apples now! It’s all I can think about and it’s your fault!”
“And what about snakes?”
“Snakes? Where? Oh. I see. I had forgotten about them. You mean beast!”
The turtle smiled. It wasn’t easy to smile with the face of a turtle, but he did it anyway. And went on:
“What are you anyway, if not a snake with legs?”
“That’s mean, even for your standard! That’s it, I’m not talking to you anymore!”
“Finally!”
So the lizard shut up. For a few seconds.
“So, were are we going?”
“I don,t know.” Said the turtle. “In front of us, together, as always. Where do YOU want to go?”
“Somewhere there are apples. Wake me when we got there?”
“I’m not your servant. Look for these yourself!”
“You did it again! My poor feelings!”
And so on they went on, and bickered more and more. And thanks to that, they forgot about the silence, the heat and the sand. And it was all they need.
There was nothing in the desert, only the sound of silence.
Well, of course, except for the lizard on the turtle.
THE END
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03.10.2011
A, c'est Abélisaurus
Et oui, de temps en temps, il m'arrive de faire une note d'humeur concernant ma vraie vie à moi. C't'un blog après tout. Un peu d'angoisse existentielle lui est nécessaire, comme l'oxygène à la vie (ceci dit, j'y rajoute quand même des dinosaures, parce que tout est plus cool avec des dinosaures).
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Vous n’avez jamais su draguer. Non, vraiment. Pour vous, l’acte de courtiser son prochain ou sa prochaine vous est aussi naturel que, disons l’aptitude d’une poule à pondre des œufs carrés ailleurs que dans une bande dessinée de Carl Barks ou Don Rosa. D’ailleurs, vous rencontriez sûrement plus de succès auprès de la gente opposée si vous étiez un canard. Ca ne doit pas bien être compliqué, d’être un canard. Ils ont sans doute bien moins de paramètre à prendre en compte et, surtout, ils n’ont pas à parler. Ce qui représente sans nul doute votre plus grande faiblesse. Autant vous êtes capable de discourir des heures par écrit avec la première personne inconnue venue, autant vous retrouvé face à face avec un premier inconnu venu pour de vrai vous plonge dans des abysses de terreur, de gêne et de perplexité. Et il ne s’agit pas uniquement de la drague, ça non : la moindre interaction prolongée avec une nouvelle personne vous perturbe et vous déstabilise, comme la première bestiole venue prise dans la lumière des phares. Lorsque vous allez acheter des yoghourts au supermarché du coin où le coffret dvd de la dernière saison d’une de vos séries favorites à la Fnac et que le/la vendeur/euse commence à parler de la pluie et du beau temps dans le simple but de faire la conversation, vous souffrez le martyr. Vous n’avez aucune idée de quoi rétorquer, et même une question aussi banale que « Il fait chaud, vous ne trouvez pas ? » vous force à réfléchir parfois une dizaine de secondes. La météo vous indiffère, et vous n’avez aucune opinion sur rien tant que vous n’êtes pas habitué à la personne qui vous cause. Et vos habitudes se créent lentement, sur de nombreux mois, voire années, et en aucun cas avec des gens obsédés par le temps qu’il fait.
Or donc, pour en revenir au sujet premier : si une simple discussion banale avec un inconnu au supermarché vous bloque à ce point, comment voulez-vous arriver à vous en sortir lorsqu’il est question de séduire quelqu’un d’autre ? Vous êtes tellement effrayé à l’idée de dire une bêtise que rien ne vient. Le moindre son lutte pour franchir votre gorge, tandis que vous réfléchissez aux dizaines de possibilités différents qu’aurait un interlocuteur d’interpréter n’importe quel mot ou phrase, de « Oui, moi aussi je trouve que les arbres sont verts. » à « percolateur ». Du coup, si vous remarquez une fille qui vous plait, vous passez instinctivement en mode évitement et gêne. Au gymnase, apercevant une telle personne se joindre à la file de la cafétéria dans laquelle vous vous trouviez aussi, vous aviez laissé sur place plateau, assiette et services pour vous précipiter dans les couloirs, loin de toute possibilité d’échec mais le ventre vide. Quant aux compliments, le seul que vous n’ayez jamais réussi à baragouiner dans une vaine tentative de drague, ça devait ressembler à quelque chose comme « Tu as de jolis sourcils ». Encore aujourd’hui, cette soudaine et impromptue fixation sourcilière vous hante, incapable de comprendre pourquoi les sourcils. Vous vous demandez ce que Freud en aurait dit et, depuis, vous vous la coincez avant de commenter le lobe délicat d’une oreille droite ou la rondeur d’une joue gauche.
Non, vous n’avez jamais su draguer, vous n’avez jamais ni compris ni appris comment faire. Le concept vous laisse toujours aussi perplexe aujourd’hui qu’à la période de vos quatorze ans. Un véritable savoir-faire qui vous est inconnu, et dans lequel vous vous réussissez à vous aventurer uniquement si vous savez d’avance que vous n’avez pertinemment aucune chance (personne trop jeune, trop âgée, en couple, de la planète Xygplut…). Allez chercher l’erreur… Vous faites en fait partie de cette catégorie de gens qui se laissent draguer par autrui. Non pas par paresse –malgré votre flemme naturelle- mais parce que vous ne savez pas le faire vous-même. Ce qui ne vous a pas empêché de passer parfois complètement à côté de tentatives vous visant, en partie parce qu’il vous paraît fort inconcevable d’attirer l’attention de qui que ce soit, en partie parce que vous naviguez dans la vie le nez en l’air à regarder les nuages sans voir ce qu’il y a sous votre nez. Bref, autant dire que jusqu’à aujourd’hui, cette technique du « laisser faire » n’aura que rarement porté ses fruits. Si votre vie amoureuse passée n’est pas nulle, elle est néanmoins ténue et particulière. Comme pour presque tout dans votre vie, ça vous est tombé dessus un jour sans passer par la moindre étape intermédiaire. Sortir avec quelqu’un, finalement, vous ne savez pas ce que c’est, vous ne l’avez jamais expérimenté, du moins de manière logique et conventionnelle. Pas de réel premier rendez-vous, ou de dîner aux chandelles, aussi désuète mais cocasse que soit l’expression. Bref, la drague, le couple, les sorties, ça vous laisse totalement « clueless », comme on dit en anglais (et parce que là tout de suite vous n’avez aucun équivalent aussi fort en français qui vous vienne à l’esprit et que vous regardez/lisez/écoutez bien trop de trucs en anglais).
Au jour d’aujourd’hui, il faut bien avouer que votre situation n’aide pas vraiment à la chose. Quand on a vingt-quatre ans, qu’on vit encore chez ses parents et qu’on n’a pas ne serait-ce que la perspective d’un emploi et d’une carrière, ça n’aide pas vraiment en soirée (où vous n’allez généralement pas, de toute façon). Attention, vous n’êtes pas là pour sombrer dans l’auto-apitoiement, mais pour énoncer des faits. D’autant que votre vie actuelle est le résultat d’un grand nombre de paramètre plus ou moins compliqués. Bref, en plus de n’avoir aucune idée de comment vous y prendre, vous avez de la peine à imaginer qu’on puisse s’intéresser à vous (bon, d’accord, un soupçon d’auto-apitoiement. Mais c’est normal, c’est un blog ! Hu hu. Ahem. Bref… ). Surtout parce que lorsque vous vous décidez enfin à parler, c’est généralement dans un domaine que vous maîtriser mais restant au combien particulier, comme votre faculté à citer un dinosaure pour chaque lettre de l’alphabet ou la portée sociale de Battlestar Galactica (c’est quand même plus fun que le temps qu’il fait. Franchement). Vous ne savez pas vous glisser dans l’entre-deux, cette zone de la conversation où vous et une autre personne êtes censés apprendre à vous connaître. Voilà sans doute pourquoi vous êtes généralement plus à l’aise dans les groupe de plus deux personnes, parce que cela implique qu’il y aura toujours quelqu’un d’autre pour lancer et nourrir la conversation pendant que vous vous goinfrer de raviolis aux crevettes en songeant au dernier épisode de Lost (oui, bon, ce n’est plus d’actualité, mais Lost restera toujours Lost !). Et puis à l’idée d’arriver un jour à démarrer une relation amoureuse, vous ne pouvez vous empêcher d’imaginer la rencontre avec les parents de l’être aimé :
Pseudo belle-maman : -C’est un plaisir que de faire votre connaissance ! Fifille nous a tellement parlé de vous, mais on est content de mettre maintenant un visage sur ces mots ! Vous voulez plus de poulet ?
Vous : … *luttant pour surmonter votre angoisse d’être confronté à de nouvelles personnes* Ngh.
Beau-papa éventuel : Alors c’est vous qui voulez souiller le corps de mon unique fille chérie ? Alors c’est vous qui fréquentez pupuce ?
Vous : … *rendu perplexe par une question dont la réponse vous semble évidente, tout en ayant la désagréable impression d’être dans la ligne de mire d’un redoutable avion de chasse* Nft ?
Pseudo belle-maman : Mais reprenez donc des courgettes !
Beau-papa éventuel : Et vous avez les moyens d’entretenir la prunelle de mes yeux, avec votre dégaine minable de type qu’a aucunement l’air d’avoir travaillé dur une fois dans sa vie ? Et vous faites quoi dans la vie ?
La fille : Papaaaa !
Pseudo belle-maman : Allons Arthur, ne gêne pas notre invité ! Plus de salade de pommes de terre?
Vous : Euh… *retrouvant –hélàs !- la faculté d’articuler des sons n’étant pas uniquement constitués de consonnes* Ben… Pas grand-chose. Enfin c’est-à-dire que je ne sais pas encore… euh, pas trouvé ma voie… En fait, l’AI, tout ça, hem… Mais euh… J’aime bien écrire, oui, et pis les dinosaures. Vous connaissez le Neuquensaurus ? Je reprendrai volontiers des patates, madame Michud !
Les autres : *silence gêné et inconfortable*
Et après, vous ne serez plus jamais capable d’apprécier une bonne salade de pommes de terre. Bon, oui, vous forcez un peu le trait, mais c’est inévitablement le scénario qui vous vient en tête. Cette désagréable impression de ne pas être un bon investissement sur le long terme : vous n’y connaissez que dalle à la véritable vie de couple, et vous n’avez même pas vraiment eu l’occasion d’être le stagiaire qui photocopie les polycopiés. Votre expérience sentimentale est erratique et aussi intense que diffue, et vous êtes au final très dépourvu concernant ces choses-là. A plein d’autre choses aussi, comme les mathématiques ou Emmanuel Kant.
Tout ça pour dire… Ben, que c’est quand bien même embêtant. Que la drague, et tout ce que cela implique, ça ne manque pas de vous laisser perplexe (vous l’avouez : vous adorez ce mot. Franchement, il y a peu de mots qui, à la sonorité, sont si proches de leur sens. Un peu comme « cocasse »). Vous n’y comprenez rien, vous ne savez pas vous y prendre et vous n’avez aucune idée de par où commencer. Vous avez surtout l’impression d’avoir un train de retard (ou même toute une gare de triage) en la matière, et si dans la vie de tous les jours cela ne vous préoccupe pas forcément, quand ça vous vient finalement à l’esprit et que vous vous retrouvés confronté à votre solitude, vous vous dites que c’est quand même ballot, tout ça. Et que toutes les filles du train (d’après un de vos anciens articles), au final, vous ne saurez jamais les aborder. Et vous direz bien que descendre toujours seul sur le quai, c’est un peu relou, mais ça ferait trop Grand Corps Malade ™.
Et si jamais, la lettre Z, ça peut être Zizongosaurus ou Zéphyrosaurus. Ca dépend si vous êtes plutôt sauropode ou non.
19:12 Publié dans Humeur, Vie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note


