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Univers - Page 3

  • Chaos

    Comme je n'ai pas pris le temps d'écrire hier et aujourd'hui, j'en profite pour mettre ici la troisième et dernière partie de la genèse de mon monde d'Iqhbar.^^ Voici donc!

     

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    Chaos

     

     

     

    « Il sommeillait la plupart du temps entre deux galaxies, plus immense que le plus grand des univers et pourtant pas plus grand qu'un atome de matière. Il se laissait dériver, happant des matières mortes et vivantes sur son passage afin de les rejeter en de nouvelles possibilités. Il était la fin et le début, le néant et le tout; il était le laboureur des multivers quels qu'ils soient. Et l'anormalité de la croissance d'Iqhbar l'avait éveillé, comme jamais il ne l’avait encore été. Il sut qu’elles en étaient les instigatrices, pour en avoir rencontrées et absorbées au cour de ce que, faute d’autre mot, nous pouvons appeler ses déplacements. Elles avaient toujours été son contraire : là où elles créaient, lui apportait la fin. Mais ils étaient aussi complémentaires, car sa fin permettait de nouveaux débuts, de nouvelles découvertes, de nouvelles histoires… Jamais elles ne l’avaient craint pas plus qu’il ne les avait haïes . Elles savaient qui il était. Certaines d'entre elles je jetaient parfois à sa rencontre lorsqu'elles le croisaient, afin de découvrir un autre niveau, d'être rejetées avec leur savoir dans les univers. Il n’était pas pour elles un danger, mais le symbole de toute une myriade de nouvelles possibilités, et chacun de ses éveils occasionnait chez elles le plus vif intérêt. Mais cette fois-ci, ce fut différent. Ce qu’il sentit suite à l’épanouissement d’Iqhbar fut si particulier qu’il ne put savoir si c’était la première fois qu’il le sentait ou si cela faisait tellement longtemps qu’un tel phénomène s’était produit qu’il l’avait oublié.

     

     

     

    Alors il se mit en route.

     

     

     

    Elles le sentirent. Elles n’avaient pas toutes quitté Iqhbar lors de leur dernier exode, non. Elles étaient peu, parmi les plus curieuses et les plus éveillées. Celles qui avaient fini par s’attacher plus qu’il était coutumier de leur espèce de ce monde qu’elles avaient créé avec tant d’amour. Certaines d’entre elle partirent à le rencontre de celui qui arrivait, décidées à finir leur cycle pour en débuter un nouveau, leur savoir rejeté et distillé dans l’univers, mais d’autres ne quittèrent pas Iqhbar. Elles sentaient en elle se manifester la plus curieuse de toutes les choses : l’émotion. Une vive émotion pour Iqhbar et ses créatures pourvues de leur étincelle, et elles ne purent se résoudre à l’abandonner. La vie n’avait pas fini de s’y développer et de les surprendre et, pour la première fois, elles décidèrent de s’opposer à celui qui arrivait.

     

     

     

    La bataille, la guerre, pour autant qu'ils soient des mots appropriés pour décrire ce qu'il s'en suivit, fut terrifiante, énorme et grandiose. Les éléments se déchainèrent sur Iqhbar sous la pression qu'il leur imposait, déversant ses parcelles de néant affronter les races de ce monde. Car devant les cataclysmes que son approche provoquait, ces peuples avaient décidé de tenir bon et de lutter contre ces légions qui se déversaient du ciel. Car la rencontre de celui qui apportait la fin avec ce monde plein de vie touchée par l’étincelle fut singulière. Il sentit ses propres émanations entrer en résonnance avec la fameuse étincelle, et c’est ainsi que ces légions de créatures grotesques mais dangereuses apparurent, dotées d’une vie et d’une conscience, mais toujours dévorés par ce besoin impérieux de détruire toute chose. Tandis que les océans et les montagnes se soulevaient, engloutissant des communautés entière, le combat se déclara partout à la surface du monde, les armées des peuples d’Iqhbar se heurtant aux meutes chaotiques qui se déversaient au cœur de leurs frontières. Sourdes aux appels désespérés, les Puissances se retirèrent alors complètement de ce plan de l’existence, terrifiés à l’idée de perdre le pouvoir et le savoir qui étaient les leurs, s’enfonçant au cœur d’Iqhbar dans le seul but d’échapper au chaos, abandonnant ceux qui en étaient pourtant si souvent venus à les libérer.

     

     

     

    Mais parmi les races et les peuples du monde de plus en plus désespérées il en était un plus fort et plus vaillant que les autres, rassemblant les troupes, unissant les défenseurs et n’hésitant jamais à frapper l’ennemi. Il s’agissait des dragons, la race la plus ancienne, la plus sage et la plus puissante des peuples éveillés. De leurs cités volantes ils menaient l’assaut, insufflant courage et force dans le cœur de leurs alliés. Jamais ils n’envisagèrent d’abandonner et, lorsqu’ils fendaient les cieux en déversant sur le chaos la magie qu’ils maitrisaient comme aucun autre, l’espoir renaissait dans le cœur de ceux qui marchaient sur Iqhbar. Mais même les dragons ne pouvaient retenir indéfiniment les vagues de chaos toujours plus dévastatrices et rapprochées qu’il envoyait tandis qu’il se rapprochait de plus en plus, nullement retenu par les efforts qu’elles faisaient…

     

     

     

    Car elles luttaient de leur côté mais, n’ayant jamais eu besoin de combattre, elles ne savaient guère comment s’y prendre, pas plus qu’elles ne comprenaient réellement ce que cela signifiait. Elles connurent pour la première fois la détresse, la souffrance et la peur ; non pas pour elles, mais pour tous ces peuples qui mouraient et disparaissaient à la surface de ce monde qu’elles avaient contribué à créer. A chacune de leurs tentatives pour le repousser, lui, elles n’arrivaient qu’à peine à retarder l’échéance. Elles comprirent que, bien que l’ayant modifié, elles ne faisaient pas réellement partie de ce monde qu’était Iqhbar. Et c’est ainsi qu’elles surent comment procéder. Elles devaient se lier à lui pour mettre leur plan à exécution, et pour ce faire elles avaient besoin d’un conduit. Les Puissances les ayant abandonnées, elles portèrent le choix sur les dragons, en qui leur étincelle était la plus grande. Pour la toute première fois, elles se manifestèrent directement, devant les plus sages des dragons, et uniquement eux. Ces derniers acceptèrent et convainquirent leur peuple tout entier de servir de canal à la puissance qu’elles possédaient. Ainsi, dans un dernier vol pour la défense d’Iqhbar, les dragons s’élevèrent dans les cieux face à celui qui était enfin arrivé au plus près d’Iqhbar et s’apprêtait à l’absorber pour de bon. Alors elles fusionnèrent intégralement avec Iqhbar, se coulant en la planète tels des torrents d'énergie pure en crue. Décuplée par les dragons, cette énergie déclencha des cataclysmes plus terrible encore, mais elle représentait malgré tout la dernière chance de ce monde contre lui.

     

     

     

    Le choc fut terrible.

     

     

     

    Il enveloppa Iqhbar de son manteau de vide et pourtant bourdonnant de chaos, mais les forces conjuguées d'Iqhbar le firent passer à travers telle une épée de légende fendant la roche. Il passa donc à travers, continuant son chemin comme à son habitude, déjà prêt à se rendormir. N’ayant guère de conscience, n’ayant jamais été pris en défaut, il ne pouvait envisager que sa tâche ne fut pas accomplie. La vie et sa conscience avaient été sauvées sur Iqhbar. Mais le prix fut conséquent : elles faisaient désormais partie intégrante de ce monde, privée de toute possibilité d’agir et d’influencer se monde, incapables à jamais de se manifester et condamnées à voir leur conscience se dissiper dans son intégralité. De ce sacrifice découla la profonde modification de la magie qui avait toujours été partie intégrante d’Iqhbar. A jamais changée, perturbée par ce chaos, elle devint une force imprévisible et dangereuse, née des échos de celles qui s'étaient sacrifiées, et il fallut de nombreux âges pour qu’elle se laisse à nouveau domestiquer ; mais de manière radicalement différente… Quant au monde lui-même, s’il n’avait pas été détruit, les dégâts n’étaient pas moins immenses. Les grands continents s’étaient fracturés, dispersant ceux qui y avaient vécu et engloutissant plusieurs civilisations de plus. Les gouvernements n’étaient plus que l’ombre d’eux-mêmes, et plus d’un peuple n’eut d’autre choix que de repartir de zéro. Inconscients des véritables forces qui s’étaient opposées, nombre des êtres parcourant Iqhbar tinrent les dragons pour responsables de ce cataclysme, et les rares survivants de cette race noble et ancienne maintenant diminuée n’eurent d’autre choix que de se faire oublier. Qui plus est, sous la pressions des deux forces ayant précédées la fusion, une infime partie de lui s'était également coulée en Iqhbar, apportant de surprenantes modifications en ce monde du renouveau. Les survivants de ses légions prospérèrent, s’enfonçant sous la surface pour en chasser les nains, se répandant dans les marécages et les terres sombres. Les innombrables borghs grouillaient, nouvelle menace issue de l’ombre, et leurs grands cousins urborgs devinrent une partie intégrante mais malaimée de l’amalgame de peuples qui parcouraient Iqhbar. Bien malgré eux, ils marquèrent la fin des elfes, la seule race qui avait décidé de les accueillir à bras ouverts. Les elfes, qui furent décimés par un mal mystérieux, un mal transmis par les urborgs et trouvant ses racines dans le chaos lui-même et auxquels les elfes furent particulièrement sensibles. Bientôt, ils disparurent, et leurs alliés et amis nains en connurent une colère d’autant plus grande qu’ils étaient chassés de leurs royaumes souterrains par les marées de borghs qui y élisaient domicile. Les nains repoussèrent les urborgs dans les terres sombres d’Ostrie, et s’établirent dans les forêts de leurs amis disparus. Dans les cieux, les Avelins avaient été parmi les plus épargnés par la catastrophe et leur agressivité naturelle les poussa à chasser les derniers dragons et Gwaehyrs des cités volantes pour établir un nouvel empire. Les Aqualites, plus distants que jamais, se retirèrent dans leurs domaines des profondeurs aquatiques, chassant et éliminant les derniers représentant des autres races sous-marines. Une à une, les autres races s’isolèrent, des pam’thaa sur leurs montagnes aux farouches minotaures sur leur île. Alors il en est une qui prospéra comme jamais : la race des humains, plus nombreuse et vigoureuse qu’elle ne l’avait jamais été. Ce furent les humains qui fondèrent les premiers royaumes qui devinrent ceux qu’ils sont aujourd’hui, et qui redonnèrent à Iqhbar les bases de la civilisation globale qu’elle connait aujourd’hui. Au fil des âges, les terres se rapprochaient à nouveaux, les continents se reformaient, et les échanges reprenaient. Sans aucun signe des Puissances, tous développèrent de nouvelles croyances basées sur l’essence de la vie qui animait Iqhbar, culminant dans le spiritualisme actuel. Les nains peaufinèrent de nouvelles technologie dont la plus aboutie n’est autre que la technomagie, utilisant d’une nouvelle manière cette magie différente afin de faire fonctionner les machines les plus étranges. Une magie qui se laissait à nouveau canaliser, au fur et à mesure que les peuples apprenaient à la redécouvrir. Une magie qui dépendant des fées, ces étranges créatures apparues peu après le cataclysme…

     

     

     

    Pour la première fois, tous ces peuples ne purent compter que sur eux-mêmes pour se reconstruire, et rebâtir ce qui avait été perdu. Iqhbar était née une seconde fois. »

     

     

     

    Inus, le Chroniqueur

     

  • Puissances

    Comme je n'aurai pas eu le temps d'écrire aujourd'hui (entre le ménage et la lessive, c'était journée propre^^), je poste un autre "vieux" dossier. Vieux parce que ça fait longtemps que ça traîne dans ma tête et mes cartons virtuels depuis un bail! Il s'agit toujours de mes écrits concernant Iqhbar, soit le monde fantastique que je me suis amusé à créer il y a plusieurs années de cela dans le seul but de créer mon monde à moi pour voir ce que ça donne. Rien de très original dans celui-ci, ni de but le concernant au-delà du simple plaisir de l'exercice. L'an passé, j'avais déjà posté ici la première partie de la genèse de ce monde remise au goût du jour et, depuis, j'y étais revenu, et comme j'ai toujours les parties deux et trois de cette genèse je me suis dit: autant les mettre ici elles aussi!^^ D'autant que ce monde continue de me trotter dans la tête, et que j'aimerais bien pouvoir m'y replonger, sait-on jamais?

     

    La première, elle est donc visible là:  http://plumederenard.hautetfort.com/archive/2011/09/15/gnese-le-remake.html

    La seconde partie suit, et je posterai la troisième aussi, je pense!

     

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    Puissances

     

    « Et sur Iqhbar, la vie avait fait son chemin. Elles l’avait encouragée, orientée, observée, insufflée, et maintenant elle pullulait sans leur aide, libérée de leur influence. Et après tout, c’était là ce qu’elles avaient toujours voulu. C’était un phénomène qui fonctionnait maintenant de lui-même, assujetti aux caprices de la nature comme de la magie qui imprégnait le monde. Car magie il y avait, en abondance et en toutes choses ; magie il y a toujours eu, même si nous l’expérimentons et y avons accès de manière bien différente aujourd’hui… Est-elle présente au sein même des mailles de l’univers, ou fut-elle un présent, un résidu de leur présence à elle ? Une question qui restera sans-doute toujours sans réponse. Toujours est-il qu’elle a depuis le début été une partie intégrale d’Iqhbar, et qu’elle ne cessera jamais de l’être, d’une manière ou d’une autre et sans jamais cesser de nous surprendre, de nous émerveiller et de nous effrayer…

     

    Et tandis que la vie se déployait et se diversifiait aussi bien sur que sous les terres, dans les airs et dans les mers, il était des créatures qui bénéficiaient plus de cette magie omniprésente que d’autres. Des êtres qu’elles avaient touché de leur grâce avant de quitter Iqhbar, parce qu’ils étaient leurs favoris, leurs plus grandes créations ou simplement les plus proches de leur nature. Là encore nous serions bien en peine de répondre, mais nous pouvons nous accorder sur leurs qualités aussi extraordinaires que particulières et de tout le pouvoir sur lequel ils pouvaient agir. Et aussi peu nombreux qu’ils étaient, plus encore en comparaison avec les innombrables espèces vivantes de ce monde, ils étaient tous uniques et au-delà de tout, et l’étincelle qu’elles leur avaient insufflé était plus brillante encore. Ces entités furent nommées les Puissances. Il est fort peu probable qu’elles se soient attribuées ce nom de leur propre chef, mais plutôt qu’il représente l’essence de ce en quoi les autres êtres les considéraient le mieux pourvues. Elles étaient les dernières héritières de celles qui avaient assisté à la création du monde, ou du moins les Puissances l’estimaient ainsi. Bien que simple fragment des capacités de celles qui étaient parties, leur pouvoir restait immense et sans nul pareil en ce monde, et les Puissances étaient capables de bien des miracles et des merveilles, les plus surprenants comme les plus terribles. La magie coulait naturellement à travers elle, si bien qu’on était en droit de se demander si elles n’étaient pas une extension de son pouvoir et de sa volonté bruts. Sans pouvoir créer la vie ou l’insuffler, ces Puissances avaient néanmoins de quoi l’influencer, chacune à leur manière. Car elles étaient toutes individuelles, différentes et dotées d’un caractère propre. Elles n’étaient pas de simples observateurs sans prise de position, mais des êtres en proie à des tumultes de sentiments et de pensées complexes et, même, souvent contradictoires.

     

    Aussi elles s’attachèrent, chacune à leur manière, à ce monde qui grandissait. Sans réelle prise de conscience de ce qui avait présidé à leur création et à celle du monde, elles savaient pourtant instinctivement qu’elles étaient liées à leur origine plus que nul autre type de créature, et développèrent un sens certain de leurs responsabilités envers ce monde. Certaines ne cherchaient qu’à le voir vivre et se diversifier, d’autres à l’éprouver et à le soumettre à de terribles épreuves tandis que d’autres encore ne voulaient que lui apporter ordre et stabilité. Mais toutes avaient pour point commun leur attachement à toute épreuve envers Iqhbar, et si elles le montraient chacune à leur manière, les Puissances ont toujours été persuadée de n’œuvrer que pour ce qu’elle considérait comme le plus grand bien de ce monde. Elle se mêlèrent aux peuples et aux créatures qui proliféraient, se prenant chacune d’attachement pour telle ou telle peuplade, tel ou tel environnement ou telle ou telle volonté. Parfois discrètement, parfois sans détours, elles guidèrent, conseillèrent et influencèrent ceux qu’elles estimaient dignes ou les plus proches de leurs valeurs, et furent rapidement considérées par ces peuples comme des saints patrons, des garants de leur ordre de valeur et, au final, comme des divinités. Et plus leur influence se répandait de cette manière et plus elles se détachaient du monde réel, ne cherchant plus qu’à s’élever au-delà de leur condition déjà formidable, à la recherche d’un plan d’existence toujours plus haut et toujours plus global, les peuples et les créatures auxquels elles s’étaient liées servant leurs desseins, toujours plus globaux, toujours plus orientés… Les conflits ne tardèrent pas, un système de croyances et de valeurs se heurtant à un autre, et guerres, alliances fleurissaient, alimentées par les désirs des hommes et des autres races au-delà même de la foi qu’ils plaçaient dans les Puissances.

     

    Des civilisations entières furent bâties et parfois balayées, parfois sur l’instigations de puissances ou sur les simples actions d’êtres vivants de statut moindre mais de volonté tout aussi farouches, et royaumes, villes et organisations virent le jour et se répandirent comme la vie elle-même l’avait fait après la création du monde. Les premières cités volantes des Avelins s’élevaient dans le ciel parmi les Dragons et les Gwaheyrs, les Elfes et les Nains cimentaient leur alliance légendaire, les humains partaient à la conquête du monde, et la pratique de la magie étaient pour certains êtres aussi naturelle que la respiration, et présente d’une manière que nous ne pouvons qu’imaginer de nos jours. Et, s’éloignant de plus en plus d’un monde en pleine expansion qu’elles avaient pourtant plus que contribué à créer, les Puissances continuaient d’intervenir et de s’affronter dans le seul but de s’élever toujours plus haut, de s’enfoncer toujours plus loin dans le nouveau plan d’existence qu’elles souhaitaient tant être le leur, sans cesse à la recherche de nouveaux horizons et désirant peut-être par là inconsciemment s’élever au même statut que celles qui, il y a des temps immémoriaux, furent là pour témoigner de la naissance d’Iqhbar et pour y favoriser le foisonnement de la vie et de son étincelle… »

     

    Inus, le Chroniqueur

  • Genèse, le remake

    Réactualisation de vieilles idées et de concepts qui me trottent depuis longtemps dans la tête concernant la création de mon propre monde fantastique. Le texte qui suit, tout neuf, réactualise un texte datant de nombreuses années. Le sujet est le même, les idées de base aussi, mais l'ensemble a profité de toute une réflexion afin de le remettre en mots mieux que jamais.

     

    Là aussi, si je suis inspiré et que je reste motivié, j'aimerais bien continuer à m'y mettre régulièrement, ne serait-ce que parce qu'il y a encore beaucoup de choses concernant Iqhbar que j'aimerais mettre en mot. ^^

     

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    Iqhbar: La Genèse


    "Au début, il n’y avait rien. Bon, techniquement, il y avait bien quelque chose, mais il n’y avait pas encore de mots pour le nommer, et puis partir de rien a toujours donné un certain cachet aux histoires de créationnisme. Personne n’a envie d’apprendre que son monde n’était qu’une boule de poussière dans laquelle un être suprême s’est cogné le gros orteil un lendemain de cuite. Si l’être suprême ne l’a pas lui-même mise au four de la création pour en faire une boule, il n’y a là guère de gloire. Voilà pourquoi il est plus commode de dire qu’au début, il n’y avait rien (ou alors peut-être un très gros four). Et le problème du rien, c’était que sans quelque chose à l’aune duquel se définir, et bien il n’était pas grand-chose. Peut-être est-ce cette prise de conscience qui généra spontanément l’univers, ou alors ne s’agit-il là que des caprices du hasard cosmique. Toujours est-il que du néant émergèrent matières, formes et mouvements. En comparaison, il était maintenant capable de comprendre le rien. L’ironie étant qu’il n’avait du coup pas pu survivre à la compréhension de son concept. Bref, d’un rien à la fois petit et immense car il était tout, on était maintenant arrivé à un gros bordel. D’aucun persistent encore à croire que ce fut une belle boulette de l’univers et que ce dernier s’en serait bien mieux tiré sans exister, mais ce ne sont là que des divagations de négationnistes. De grands frustrés, si vous voulez mon avis !

     

    Donc, il n’y avait rien et puis après, il y avait quelque chose. Difficile de dire si tout ce quelque chose est apparu spontanément comme une colombe sous le chapeau de l’univers, où si ce dernier s’est constitué petit à petit. Beaucoup, tièdes, diront « un peu des deux »et pour une fois ils n’ont sans doute pas vraiment tort. Le passage d’un état à l’autre a dû être soudain, la première molécule venue faisant d’un coup basculer le statut quo. Ensuite, à partir de cette molécule (qui n’avait rien demandé à personne) ou d’autre chose, le reste ne s’est pas construit en un jour. Mais il s’est bâti malgré tout, à son rythme, prenant son temps à coup de longues accumulations de matière ou par sursauts rageurs, faisant voler les supernovas. Toujours est-il que ce qui était un coin plutôt tranquille s’est vu devenir bruyant (métaphysiquement, car il n’y a bien que la métaphysique pour faire du bruit dans l’espace) et engorgé, un peu comme le quartier du coin pendant la construction d’un vulgaire rond-point. Il y eu des étoiles, des comètes, des satellites, des trous noirs, un tas de phénomènes auxquels on n’a jamais donné de nom car n’ayant jamais pu être observés ou étant tout simplement partis dans une autre dimension plus accueillante et, ce qui nous intéresse tout particulièrement, il y eu des planètes. De toutes les tailles, de tous les types, mais toutes sphériques et répondant à des lois relativement barbantes qu’il n’est pas de mon domaine d’expliquer. On a beau dire, lorsqu’il s’agit de science, l’homme comme l’être supérieur manquent singulièrement d’imagination. Enfin, des planètes, donc, et il en est une dans ce sac de billes intersidérales qui nous intéresse tout particulièrement : celle que, bien longtemps après sa création, on appellera Iqhbar (enfin, entre autre chose ; disons qu’il s’agira du plus répandu et du plus prononçable, même si pour une peuplade des profondeurs d’une des jungles d’Ostrie il s’agit encore de Jnmga’kkk, se devant d’être prononcé en faisant trois tours sur soi-même pour ne pas le confondre avec une insulte mortelle).

     

    Iqhbar a donc commencé sa vie de planètes comme la plupart de ses consoeurs : en étant ronde, grisâtre, désertique et en tournant sur elle-même ainsi qu’autour d’un soleil. Rien de palpitant dans tout cela, ni rien ne prédestinant le monde foisonnant de vie qu’elle aura fini par devenir. Juste un caillou de plus, pas vraiment petit, mais pas vraiment gros non plus. Rien de fantasque, pas même le moindre anneau planétaire pour briller en soirée. Uniquement une surface cabossée et sans couleurs se déroulant à perte de vue et un ou deux volcans pour les formations rocheuses les plus audacieuses. Autant dire qu’on ne sait pas ce qui a bien pu les attirer là, et sans doute ne le saura-t-on jamais. Mais ce furent ce monde qu’elles choisirent. Oh, peut-être en ont-elles choisi d’autres dans l’univers, mais le monde sur lequel nous sommes apparus présente logiquement bien plus d’intérêt.

     

    Depuis longtemps, elles erraient. Même si là encore, le terme n’est pas vraiment bien choisi. Il serait plus juste de dire qu’elles erraient depuis toujours, mais le vide ayant alors cette prérogative, on s’est contenté d’imaginer que ça faisait un bail. Un sacré bail, même. D’où vinrent-elles ? Comment étaient-elles apparues ? Tout simplement, qu’étaient-elles ? Trouver les réponses à ces questions se révèle aussi impossible qu’à celles concernant la véritable naissance de l’univers. Et puis peu importe leurs origines, quand tout ce qui compte fut qu’elles croisèrent la route de ce caillou insignifiant qu’est aujourd’hui notre monde. Qui ne devait pas être si insignifiant que cela étant donné qu’il retint leur attention. Oui, elles… D’autres auraient pu les appeler dieu ou théorie de ceci ou cela ou leur donner bien d’autres noms encore, mais personne ne l’a jamais fait. L’idée même de les nommer a toujours semblé irréalisable à ceux qui connaissaient leur existences. Elles étaient… elles, tout simplement. Un pronom féminin, sans doute associée au don de la vie et de la création. Je ne saurais dire à coup sûr. Toujours est-il qu’elles existèrent, et qu’elles choisirent notre monde.

     

    Elles parcouraient les galaxies et sillonnaient l’univers tel un banc de dauphins du cosmos, pleins de vie et curieux de tout. Elles assistèrent à la naissance de soleils et à la mort d’étoiles. Elles contemplèrent la formation d’un trou noir et celle de toute une galaxie plus d’une fois. Elles écoutèrent l’écho du son originel, de la première chanson universelle et glissèrent le long d’énergies étranges et inconnues. Chaque nouvelle forme, chaque nouveau phénomène, même aussi infime que la découverte d’une nouvelle molécule, était pour eux source d’un émerveillement sincère et d’une joie sans bornes. Elles n’en perdaient pas une miette, transmettant informations, sensations et souvenirs à leurs semblables. Peut-être finissaient-elles, un jour, par mourir, s’éteindre, mais leur conscience survivait à travers la mémoire –là encore à défaut d’un autre mot- de leurs sœurs. Elles étaient un tout, mais chacune était unique. Et il en est parmi elles qui observèrent la naissance d’Iqhbar et qui, au lieu de continuer leur chemin sans fin, s’arrêtèrent. Je n’y vois aucune raison particulière si ce n’est qu’il leur fallait bien commencer quelque part. A mon sens, penser le contraire ne serait que se bercer d’illusions, de même que de prêter des sentiments, des motifs humains à ce qu’elles étaient. Et celles qui s’étaient arrêtées pour contempler notre monde avaient envie de pousser l’expérience plus loin encore. Toujours elles n’avaient été que les spectatrices, et maintenant qu’elles avaient pleinement atteint cette conscience de soi, cette conscience d’exister, elles voulurent agir. De jouer avec ces particules et ces éléments, de ne plus regarder mais de les manipuler, d’aller au plus profond de toute chose et de les modifier.

     

    A cet égard, n’importe quelle planète vierge aurait fait l’affaire, mais c’est Iqhbar qu’elles choisirent. Comme je l’ai déjà dit, sans doute sans la moindre raison particulière. Longtemps, elles expérimentèrent, agencèrent, modifièrent jusqu’à la composition même du monde. Terrain de jeu pour entités cosmique, il leur permit d’apprendre, de se tromper et d’apprendre plus encore. On pourrait même imaginer que ce ne fut pas leur premier essai, que d’autres mondes avant celui-ci avaient attiré leurs esprits. Toujours est-il qu’à notre très infime connaissance, Iqhbar fut celui où elles s’impliquèrent le plus. Jusqu’à ce que, un beau jour (enfin, probablement pas, il devait sûrement y avoir une tempête de lave ou un orage d’azote), la vie finisse par apparaître. Et une fois de plus, nous ne pouvons que nous perdre en conjectures quant à son origine réelle. Il est évident qu’elles y furent pour quelque chose, mais de là à les assimiler à des êtres divins capables de créer la vie à partir de pratiquement rien et un peu de pas grand-chose… Je me plais à penser que notre situation de départ n’est pas unique, qu’elles avaient –elles ou de leurs semblables ou ancêtres- rencontré la vie au cour de leurs voyages. Et qu’elles ont contribué à l’insuffler en Iqhbar dans le but d’enfin faire réellement partie de ce cercle de la vie. Depuis des temps immémoriaux elles avaient contemplé le spectacle puis contribué au décor, maintenant elles avaient envie d’en comprendre les devants de la scène et d’influencer les premiers rôles. Curieuses et enjouées, elles s’émerveillèrent une fois de plus de l’apparition de cette vie, une vie qu’elle sentait couler en elles parce que cette fois-ci, elles n’étaient pas étrangères à son développement.

     

    Ce fut le début d’une nouvelle et incroyablement longue période de temps où leur influence se répandit à la surface et dans les profondeurs d’Iqhbar. Qui sait combien de merveilles ont-elles contribué à créer ? Combien d’écosystèmes et de formes de vie ont-elles regardé s’épanouir, guidées par leurs connaissances issues d’un éternel voyage à travers l’univers ? Elles s’enhardirent, désireuses de voir cette vie prospérer et, plus que tout, capable de créer elle aussi. C’était sans doute pour elle le summum de la création que de permettre à ses enfants d’être les créateurs à leur tour. Et c’est ainsi, du moins je le pense, que la conscience s’éveilla pour la première fois parmi des êtres vivants partout sur Iqhbar. Alors que le monde se modifiait, que ses continents bougeaient et que ses montagnes tremblaient, les premiers peuples prirent conscience de leur existence. Ravies, elles les observèrent atteindre   -à une échelle infiniment plus petite- ce même état d’esprit. Beaucoup attribuent ensuite la diversité des espèces conscientes peuplant actuellement notre monde aux influences divergentes de plusieurs d’entre elles, désireuses de concevoir plusieurs manières de vivre cette conscience nouvelle acquise. Ce qui est certain, c’est que toutes nos races et tous nos peuples descendent de ces premiers êtres conscients, nés du plaisir simple de contempler la vie dans toute sa diversité. Et il ne serait pas non plus idiot de voir en la magie l’empreinte de leurs actions à elles, infimes courants de leur puissance. Elles nous éveillèrent à la vie, nous offrirent la magie, et donnèrent à notre monde tout son potentiel.

     

    Mais il serait faux de dire alors qu’elles ont fait de notre monde ce qu’il est aujourd’hui. Car elles n’ont plus agi qu’une seule fois depuis l’éveil de notre conscience et la diversité des premiers peuples. Après avoir réveillé les formes de vie qu’elles avaient aidé à s’épanouir, elles surent qu’elles avaient accompli leur voyage dans la recherche et la modification de la vie. Dès le moment où nous fûmes capables de réfléchir par nous-mêmes, elles nous laissèrent le relais. C’était à nous de nous débrouiller, maintenant, et c’est nous qui avons fait d’Iqhbar ce qu’il est de nos jours. Elles n’avaient plus qu’à contempler le fruit de leur labeur planter ses propres graines, comme elles l’avaient peut-être déjà fait tant d’autres fois dans le passée, dans tant d’autres galaxies. Et puis elles avaient encore tellement de choses à voir, tellement de phénomènes devant lesquels s’émerveiller et de connaissances à partager qu’elles reprirent leur voyage.

     

    Et c’est là, à ce moment précis que nous pouvons dire qu’Iqhbar était née."

     

    Inus, le Scribe qui a toujours été